Page 1573 - dictionnaire westphal
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minimum une année pleine.4. LA PASSION.C'est très arbitrairement que certains
auteurs appliquent à laPassion la date indiquée par Lu 3:1 (15e année de Tibère).
Ilfaut faire place auparavant à tout le temps du ministère. Si lapremière Pâque tombe
en 28 ou peut-être en 27, nous sommes conduits àchercher la date de la Passion dans
les années 29 à 31. Les anciensécrivains ecclésiastiques nous apportent à ce sujet des
indicationscontradictoires, dans lesquelles il n'est pas facile de discerner cequi repose
sur quelque renseignement original et ce qui provientd'une interprétation plus ou
moins juste de Lu 3:1. Le plus sûret le plus court est de recourir aux textes
évangéliques, quoiqu'ilsne nous renseignent qu'indirectement sur la date de la
crucifixion.Mais avant d'essayer de résoudre la question de l'année, il importede traiter
celle du mois et du jour.Notre Seigneur est mort un vendredi, la veille d'unsabbat (Mt
27:62,Mr 15:42,Lu 23:54,Jn 19:31); il est ressuscitéle surlendemain, un dimanche (Mt
28:1,Mr 16:2,Lu 24:1,Jn 20:1).Là-dessus, l'accord de nos quatre évangiles est
incontestable. Maisle quantième du mois reste à fixer, et c'est là un très vieux pointde
controverse. Il s'agit de savoir si Jésus a été crucifié le jourmême de la Pâque, le 15
nisan, ou bien le 14, jour dont le soirseulement appartenait à la fête (l'agneau pascal,
immolé dansl'après-midi, était consommé après le coucher du soleil, qui marquaitpour
les Juifs le commencement de la journée du 15). Les uns, s'entenant aux textes
synoptiques qui parlent du dernier repas de Jésusavec ses disciples comme d'un repas
pascal (Mt 26:17,Mr 14:12,Lu22:7), disent que la crucifixion ne peut avoir eu lieu que
le 15nisan. Les autres assurent qu'elle doit se placer la veille, etappuient fortement
cette opinion sur des textes de Jean: Jn13:29 (quand Judas sort, avant la fin du
dernier repas, on le croitchargé d'un achat pour la fête: elle n'a donc pas encore
commencé);Jn 18:28 «(les Juifs qui amènent Jésus à Pilate n'entrent pasdans le
prétoire, «afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger laPâque»: donc ils ne l'ont pas
encore mangée); Jn 19:14 («c'étaitla préparation de la Pâque», autrement dit la veille de
cettefête; il n'est pas naturel de traduire: la préparation [du sabbat] dela semaine de
Pâque). D'ailleurs la narration synoptique de laPassion suscite elle-même des
objections contre l'idée quel'arrestation de Jésus, son procès, son supplice, auraient
pu sesuccéder au cours d'une nuit et d'un jour si solennellement fériés.Simon de
Cyrène revenait des champs quand il fut requis de porter lacroix (Mr 15:21); le
chômage n'était-il donc pas obligatoire cejour-là? Il y a lieu d'ajouter que, dans le récit
du dernier repas, onne reconnaît guère le rituel de la Pâque juive. Mais cet
argumentn'est pas concluant: Matthieu, Marc et Luc rapportent ce qui a traità
l'institution de la sainte Cène, sans décrire le repas au complet.Et il peut avoir été
pascal par l'intention et par la date, malgrécertaines modifications du cérémonial.Ceux
qui, pour les raisons que nous avons dites, affirment que lejour de la crucifixion est le
14 nisan, et que le dernier repas a étépris le soir du 13, ont à expliquer cependant ces
termes quiparaissent bien clairs: «Où veux-tu que nous allions préparer cequ'il faut
pour que tu manges la Pâque?» (Mr 14:12 etparallèle), et surtout cette parole du Maître:

