Page 1575 - dictionnaire westphal
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l'atmosphère. Il est permis de supposer  que le sanhédrin  disposaitdéjà de quelque

     procédé régulateur pour le cas, apparemment rare, oùla nébulosité du ciel empêchait
     plusieurs mois de suite l'observationd'être faite en temps voulu. Cependant, d'après
     un texte de laMischna (II e siècle), la proportion des mois de trente jours pouvaitvarier
     de quatre à huit, ce qui donne un minimum de trois centcinquante-deux jours et un
     maximum de trois cent cinquante-six, alorsque la vraie année lunaire est de trois cent

     cinquante-quatre jourset huit heures trois quarts. En mettant les choses au mieux, on
     doittoujours compter avec la possibilité d'un jour d'écart entrel'échéance astronomique
     de la visibilité du croissant et laproclamation de la néoménie par le sanhédrin. Il serait

     bien étonnantqu'une décision qui pouvait dépendre du glissement d'un nuage n'eûtpas
     donné lieu à des contestations, surtout lorsqu'elle entraînait,quant aux jours où les
     fêtes du mois devaient être célébrées, desconséquences qui ne plaisaient pas à tout le
     monde. Les écritsrabbiniques rapportent des discussions entre docteurs, provoquées
     parla contradiction des témoignages concernant la réapparition de lalune.Dans ces

     conditions,  devons-nous tenir  pour forcément  illusoiresles  résultats  des calculs
     astronomiques par lesquels on se propose deréduire les dates de l'ancien calendrier
     juif  à celles  du nôtre? Non.Grevés  d'une part d'incertitude, parce que les

      déterminations  juivessont  sujettes  à  des  irrégularités  dont  la  cause échappe au
     calcul,ces résultats peuvent néanmoins se présenter avec de très grandesprésomptions
     de justesse. C'est le cas lorsqu'ils viennent à pointpour fournir à un  ensemble
     complexe de données historiques un modeconvenable et précis de raccordement.Parmi
     les années qui peuvent entrer en ligne de compte, quand oncherche à déterminer la

     date de la Passion, il  en est deux surlesquelles notre attention est particulièrement
     attirée par lestravaux des astronomes. C'est l'année 30 et l'année  33. En 33,
     lequatorze nisan serait  tombé sur le 3 avril,  un vendredi. C'est laconjoncture
     chronologique réclamée par les textes de Jean. Mais cettedate nous porterait bien tard;

     elle prolongerait le ministère deJésus au delà des vraisemblances, et des difficultés en
     résulteraientpour la chronologie de la vie de saint Paul. En l'an 30, le jour quinous
     intéresse est le vendredi 7 avril, auquel aurait correspondusoit le 14 nisan, soit le 15.
     Cette  dernière opinion est soutenue parM. O.  Gerhardt; l'astronome K. Schoch, de

     Berlin, l'avait adoptée;mais, ayant refait ses calculs, il s'est rallié à l'autre thèse, quiest
     celle du savant anglais Fotheringham. Ainsi, la même divergenceapparaît dans les
     conclusions obtenues pour l'année 30 par cesspécialistes du calcul astronomique, que
     dans celles auxquelles onarrive par l'exégèse des Évangiles.Si la coïncidence du 7 avril

     30 et du 15 nisan devait être tenuepour astronomiquement juste, elle permettrait à la
     date johannique des'expliquer néanmoins, puisqu'un ciel nuageux, en empêchant la
     lunenouvelle d'être aperçue en temps opportun (dans le cas particulier lesoir du 23
     mars), pouvait retarder d'un jour le début du moisofficiel. Ceux qui auraient anticipé

     d'autant la célébration de laPâque, pour quelque raison que ce fût, se seraient trouvés
     d'accordavec l'astronomie. Si c'est le soir du 24 que l'observation dunouveau croissant
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