Page 1569 - dictionnaire westphal
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lesgouvernèrent longtemps, Philippe jusqu'à sa mort (34), HérodeAnti-pas jusqu'à sa
déposition par Caligula (39). C'est pour avoirblâmé le coupable remariage d'Antipas
que Jean-Baptiste fut mis enprison (Mr 6:17 et suivant, Mt 14:3). Motif
personnel,nullement exclu par celui qu'indique Josèphe: crainte de
quelquesoulèvement (Ant., XVIII, 5:2). On ne sait pas au juste quand letétrarque
épousa Hérodias; on ne sait pas quand, où et dans quellescirconstances Jean fit
entendre sa censure; on ignore également sison emprisonnement eut lieu tout aussitôt
ou quelque temps après. Ilappert seulement d'une remarque du 4 e évangile (3:24) que
leministère du Précurseur s'est poursuivi, parallèlement à celui deJésus, plus
longtemps qu'on ne s'en rendrait compte d'après lanarration synoptique. (cf. Mr
1:14,Mt 4:12) La première femmed'Antipas, fille du roi des Arabes Nabatéens, Arétas
IV, s'étaitretirée chez son père en apprenant que son mari allait la répudier.Arétas
garda de cette affaire un vif ressentiment contre letétrarque. Des contestations
territoriales ayant surgi, les deuxprinces se firent la guerre. L'armée d'Hérode ayant
été complètementbattue, cette défaite fut regardée dans le peuple comme un
châtimentdu meurtre de Jean-Baptiste (Jos., Ant., XVIII, 5:1 et suivant).De là on a voulu
tirer la preuve que les hostilités avaient suivi deprès la mort de Jean, ce qui
rapprocherait cette mort, et parconséquent celle de Jésus, de la fin du règne de Tibère
(la nouvellede la mort de cet empereur arrêta Vitellius qui allait marcher surPétra avec
des troupes pour châtier le vainqueur d'Antipas. Ibid., 5:3). Mais les Juifs qu'avait
émus la fin tragique de Jeanont pu, à bien des années d'intervalle, interpréter le revers
subipar Hérode comme une juste punition. Et s'il est vrai que l'offensefaite à la fille
d'Arétas fut à l'origine du conflit, on n'en doitpas conclure que le temps qui s'écoula
entre ce drame de famille etla guerre ne put être que très court. Les princes ennemis
nerecoururent aux armes que lorsque les circonstances politiques leuren eurent donné
l'occasion. Nous savons par Josèphe (Ant., XVIII, 5:4) le nom de la fillequ'Hérodias
avait eue de son premier mari, un Hérode, fils d'Hérodele Grand et de la seconde
Mariamme, que Mr 6:17 et Mt 14:3appellent Philippe, mais qu'il est impossible de
confondre avec letétrarque du même nom. Contre le récit de la danse de Salomé
devantHérode et ses convives, on a fait valoir cette objection, entreautres, que la
danseuse y est qualifiée de «petite fille» (Mr6:22,28,Mt 14:11). Comme elle devint la
femme du tétrarque Philippe,quelques années sans doute avant la mort de ce dernier
(34), on s'estétonné qu'elle ait pu être encore une enfant à la mort deJean-Baptiste,
soit vers la fin de la troisième décade. Mais le termegrec que nos dictionnaires rendent
par «petite fille», «fillette»,est employé par les LXX en parlant d'Esther, alors que celle-ci
étaiten âge de devenir reine (Est 2:7,9). Quand son vieux mari eutlaissé Salomé veuve
et sans enfants, elle se remaria avec unarrière-petit-fils d'Hérode le Grand, du nom
d'Aristobule, à qui elledonna trois fils (Josèphe, ibid.). D'après la suite de
sesascendants, ce prince devait avoir vingt ans, ou guère davantage,en 34. Salomé
pouvait être un peu plus âgée que lui. Admettonsqu'elle ait eu de quinze à dix-huit ans

