Page 1571 - dictionnaire westphal
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schématique. La grande enclave de Lu 9:51-18:14, qu'onest convenu d'appeler le
«journal de voyage», porte trace d'un plusgrand nombre d'allées et venues. Il n'y a pas
de témérité à supposerque Luc réunit en une seule phase itinérante des souvenirs qui
serapportent à divers voyages. En outre, dans la dernière partie deleur récit, Matthieu,
Marc et Luc nous laissent voir qu'il y a euplus d'un séjour de Jésus à Jérusalem. Ce
n'est pas pour rien quel'ingrate cité est apostrophée en ces termes: «Combien de fois
j'ai voulu rassembler tes enfants...» (Mt 23:37,Lu 13:34). Quandil arrive dans la
capitale juive, Jésus y est connu de bien des gens.Il a un disciple au sein même du
sanhédrin (Mt 27:57,Mr 15:43).Il a un pied-à-terre à Béthanie (Mt 21:17,Lu 10:38 et
suivants).Il sait que le propriétaire de l'humble monture dont il a besoin lalui prêtera
volontiers (Mt 21:3), que le citadin chez qui ilenvoie ses disciples préparer le repas de
la fête ne lui refusera pasl'hospitalité (Mt 26:18). Pour y former tant de relations,
etd'un tel caractère, il faut que Jésus ait déjà séjourné en Judée.Ajoutée à l'activité
galiléenne que décrivent nos synoptiques, cetteactivité judéenne et hiérosolymitaine,
qu'ils font supposer, ne peutse renfermer dans les limites d'un an. C'est bien en vain
qu'oninvoque en faveur d'une si faible durée la parole de Esa61:2 (citée Lu 4:19) sur
«l'année de grâce du Seigneur». Lachronologie n'a pas à faire état de cette figure de
langage, allusionsymbolique à l'année du Jubilé (Le 25:10).Le 4 e évangile (voir Jean,
évangile de) apporte à l'étroitessedu cadre des synoptiques un correctif que ceux-ci,
nous l'avons vu,réclament en quelque sorte. Il présente un tableau plus développé
despérégrinations du Maître, et jalonne son récit d'indications qui serapportent aux
fêtes du calendrier juif. La valeur de ces repèreschronologiques ne doit point être
contestée sous prétexte que lesintervalles qu'ils marquent ne sont pas remplis par la
matière de lanarration. Qui fait un choix, en histoire, sait qu'il laisse desvides. Et saint
Jean, dont l'évangile suppose l'existence des troisautres, déclare lui-même n'avoir
relaté qu'une partie des oeuvresmiraculeuses du Fils de Dieu (Jn 20:30). Il ne vise
d'ailleurspas à dresser une chronologie en forme; il ne veut que rendresensible la fixité
de certains points. Six fêtes juives sontmentionnées par lui: lai première Pâque (Jn
2:13,23); une fêtequi n'est pas désignée plus précisément (Jn 5:1); une autrePâque (Jn
6:4); la fête des Tabernacles (Jn 7:2,10); lafête de-la Dédicace (Jn 10:22); la dernière
Pâque (Jn 11:5512:1 13:1 etc.). La Pâque indiquée comme proche de lamultiplication
des pains est la seule de ces fêtes que Jésus passeloin de Jérusalem. Le texte qui en
fait mention n'en est pas moinsd'une incontestable authenticité. Jean nous oblige
donc à compter aumoins deux ans de la première Pâque à la dernière, à quoi il
fautnaturellement ajouter, pour avoir la durée totale du ministère, letemps réclamé
par les événements dont le récit précède Jn 2:13(de la rencontre de Jésus et de Jean-
Baptiste aux noces de Canainclusivement).Mais ces deux ans, plus quelques mois ou
semaines, suffisent-ils?Question liée à celle de l'identification, si difficile, de la fêteque
Jn 5:1 mentionne sans la nommer. Si on lit, avec une partiedes manuscrits, «la fête
des Juifs», ce doit être la Pâque quiest visée comme principale fête juive (voir

