Page 1572 - dictionnaire westphal
P. 1572
Évangiles, Harmonie des,et cartes n° V). Celle des Tabernacles était fort importante
aussi,mais il n'en est parlé que plus loin; le lecteur pense naturellementà la Pâque,
dont il a déjà été question. Si l'on préfère la leçonsans article, «une fête des Juifs»--
leçon fortement attestée etqui a ceci pour elle que l'autre peut être une correction
inspiréepar le désir de préciser--l'indétermination même de cette formulesemble
exclure la Pâque, dont on ne voit pas pourquoi le nom seraitremplacé ici par une
désignation aussi vague. Plusieurs exégètes(dont Fr. Godet) optent pour la fête des
Purim, qui se célébrait aumois d'adar (février-mars). Dans cette hypothèse, voici
comment leschoses peuvent se combiner. Parlant à ses disciples, auprès du puitsde
Jacob, Jésus s'exprime ainsi: (Jn 4:35) «Ne dites-vous pas:quatre mois encore, et la
moisson viendra?» Interprétés comme ils lesont le plus souvent, ces mots signifient
qu'on est réellement, dansla plaine de Sichem, à quatre mois de la moisson; ils ont
donc étéprononcés en hiver. Alors on obtient cette suite normale: passage enSamarie,
janvier; Purim (Jn 5:1), mars; Pâque (Jn 6:4),avril. Entre la Pâque de la purification du
temple et celle de laPassion, il n'y en a qu'une, celle qui s'est trouvée proche de
lamultiplication des pains. Et le ministère du Christ selon le 4 eévangile peut tenir en
deux ans et une fraction. Mais est-ilvraisemblable que Jésus ait fait à l'occasion de
cette fête desPurim, si peu religieuse, un pèlerinage à Jérusalem? Cette objection,dont
la force n'est pas niable, a une portée chronologique facile àdiscerner. Si Jn 5:1 ne se
rapporte pas à la seule fête quitombe entre janvier et la Pâque, on a besoin d'une
année de plus, etcela, qu'il s'agisse de la Pâque elle-même (leçon avec l'article),
oud'une des fêtes qui la suivent, car dans ce dernier cas, il y a unePâque dont la
mention est omise.Un moyen d'échapper à cette conséquence nous est offert
parl'interprétation qui fait des mots «les champs sont blancs pour lamoisson» la vraie
allusion à l'état présent des cultures, et de laréflexion «encore quatre mois» une sorte
de proverbe. Ainsil'entretien pourrait se placer dans la saison qui suivit la
premièrePâque. Il est rigoureusement possible que Jésus, après cette Pâque oùil avait
purifié le temple et après un court séjour dans la région duJourdain (Jn 3:22), ait
traversé la Samarie alors que le blé ymûrissait et ait eu le temps, n'ayant fait qu'une
brève apparition enGalilée (Jn 4:43,54), de revenir à Jérusalem pour laPentecôte (Jn
5:1). Mais cette trame paraît bien serrée, et l'onverrait plutôt dans la fête sans nom
celle des Tabernacles, s'il n'yavait alors la difficulté de savoir pourquoi elle ne serait
pasnommée au ch. 5 comme au ch. 7. D'autres combinaisons deviennentpossibles, si
l'on intervertit l'ordre des ch. 5 et 6. On a ainsiJn 6:4, Pâque, et Jn 5:1, Pentecôte; ou
(en lisant «la fête») Jn 6:4, Pâque annoncée comme prochaine, et Jn 5:1,Pâque célébrée
à Jérusalem. Mais cette interversion est une solutiontoute conjecturale, que sa seule
commodité ne saurait recommandersuffisamment.En somme, les évangiles nous
apprennent que le ministère de Jésusa duré deux ans au moins, plus une fraction
d'année antérieure à lapremière Pâque. Et l'on aurait plus de facilité à rendre compte
detoutes les indications du 4 e évangile, si l'on était sûr de pouvoirajouter à ce

