Page 1568 - dictionnaire westphal
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(chiffres à remplacer par 32 et 33 si l'on pense àl'année 27). Mais le mot environ n'est
pas pour rien dans letexte. Luc ne garantit pas la rigueur de son chiffre. En outre,
chezles anciens, la trentaine était l'âge où l'on vous tenait pour unhomme fait, capable
d'accéder aux emplois publics; c'est alorsnotamment que les lévites entraient en
fonctions (No 4:29). Les«trente ans environ» de Le déterminent moins un laps de temps
qu'ilsne marquent une étape de la vie. Ils signifient que le Fils de Dieun'est pas apparu
sur la scène du monde avant l'âge qui est pour lesfils des hommes celui de la maturité.
Toutefois ce renseignement,même compris de la sorte, nous invite à écarter les
combinaisons quiferaient Jésus trop proche de la quarantaine lorsqu'il commença
sonenseignement et ses miracles. Il n'y a pas à citer en sens contrairela parole des
Juifs: «Tu n'as pas encore cinquante ans» (Jn8:57). Elle ne dit rien de plus que ceci:
«Tu parles comme si tuavais vécu des siècles, et tu n'as pas même un demi-siècle
derrièretoi!» Dans Lu 3:18, le synchronisme que nous avons examiné estsuivi de
plusieurs autres, qui ne s'énoncent pas en chiffres comme lepremier, mais qui, tels
quels, nous offrent un utile moyen decontrôle. Ce sont d'abord ceux-ci, destinés à
donner un tableau del'état politique de la Palestine, au moment où Jésus allait
s'ymanifester: «Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque dela Galilée,
Philippe son frère tétrarque de l'Iturée et de laTrachonitide, et Lysanias tétrarque de
l'Abilène...» Pour commencerpar ce dernier personnage, deux inscriptions ont établi
qu'unLysanias, dont parle aussi Josèphe (Ant., XIX, 5:1; XX, 7:1),était en effet au
temps de Tibère à la tête d'une tétrarchie quiavait pour capitale Abila, dans l'Antiliban.
Il n'y a donc pasd'erreur chronologique à reprocher à Luc, comme l'ont cru
descritiques qui pensaient au roi du même nom, mis à mort par Antoine en36 av. J.-C.
(Dion Cass., XLIX, 32). Pour établir la date de l'entrée en fonctions de Pilate, il
fautd'abord déterminer celle de sa révocation. Il avait passé dix ans enJudée quand il
dut se rendre à Rome pour répondre aux accusationsportées contre lui (Jos., Ant.,
XVIII, 4:2). Comme il n'y arrivaqu'après la mort de Tibère (16 mars 37), on serait porté
à croirequ'il quitta son poste au début de 37 seulement. Mais après le départde Pilate
se place une visite que le légat de Syrie, Vitellius, fit àJérusalem au moment d'une
Pâque qui ne peut être que celle de l'année36, car il devait y revenir, cette fois à
l'époque même où Tibèremourut (ibid., 4:3 et 5:3). Ces deux visites ne peuvent pas
êtreidentifiées, vu la différence des circonstances et celle des noms desgrands-prêtres
que Vitellius déposa et nomma dans les deux occasions.Ou bien donc Josèphe brouille
étonnamment l'ordre des faits quant àla première visite de Vitellius et au départ de
Pilate, ou bienPilate, obtempérant à l'ordre reçu, est parti en 36, mais a profitéde
quelque circonstance pour n'arriver à destination qu'au bout d'uneannée. Il reste un
certain doute à ce sujet. En aucun cas cependantPilate ne peut être entré en charge
avant 26, et l'on ne saurait parconséquent faire remonter au delà de cette année la
date oùJean-Baptiste se mit à prêcher. Hérode Antipas et Philippe avaient reçu leurs
tétrarchies lors dupartage qui suivit la mort d'Hérode le Grand, en 4 av. J.-C. Ils

