Page 1574 - dictionnaire westphal
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«J'ai vivement désiré  manger cette Pâque avec vous...»  (Lu 22:15).  De  tellesphrases

     devraient-elles leur forme à un «effet de perspective»,auraient-elles été arrangées après
     coup sous l'influence de la foiqui proclame la substitution d'une  nouvelle Pâque
     àl'ancienne? (1Co 5:7) Hypothèse facile et d'un  genre toujourssuspect. Mieux vaut
     penser que Jésus a célébré la Pâque un jour plustôt que les chefs de son peuple. On a
     cherché de différentes façons àmontrer que cette anticipation n'avait pas besoin d'être

     mise sur lecompte d'une initiative toute personnelle. Comme on sait que lesPharisiens
      et  les  Sadducéens ont  eu des  controverses au sujet  ducomput de la  Pentecôte,  qui
     dépendait de celui de la Pâque, lessavants Strack et Billerbeck, reprenant l'idée émise

     par l'auteurd'un  commentaire  hébraïque de Matthieu, supposent que les deux
     partisétaient convenus pour certaines années de célébrer la Pâque chacun àson jour.
     Cette année-là, en consacrant la soirée du jeudi au repasde la Pâque, Jésus se serait
     conformé à la pratique des docteurspharisiens, toujours suivis par une grande partie
     du peuple; tandisque les dirigeants  sadducéens, maîtres  du temple,  et tous ceux

     quileur obéissaient, auraient admis la coïncidence du 15 nisan, premierjour de la fête,
     et du sabbat. Il va de soi que le Seigneur nesaurait être mêlé à ces querelles d'écoles.
     S'il a préféré un jour àun autre, c'est parce qu'il savait son heure venue et voulait

     mangerune dernière fois la Pâque avec les siens. Mais si tout le monden'observait pas
     toujours le rite pascal en même temps, on peutcomprendre que les disciples n'aient
     pas été surpris de la décisionde leur Maître comme s'ils l'avaient vu prendre une
     liberté toutisolée à l'égard du calendrier religieux.  Et, en fait,  une divergenceétait
     possible dans la détermination du jour sur lequel le 15 nisandevait tomber.Les mois

     du calendrier juif étaient lunaires. Mais la révolutionde la lune se mesurait
     empiriquement et sans rigueur. Le sanhédrinconstatait-il,  au soir du 29 e jour,
     l'apparition du croissant de lalune nouvelle, ou en était-il  prévenu  par des témoins
     dignes de foi?Alors le mois prenait fin, il n'était que de vingt-neuf jours. Sinon,il en

     comptait  trente.  Ainsi l'alternance des mois  caves et des moispleins  n'était pas
     régulière. L'avance de l'année lunaire sur l'annéesolaire, qui est normalement de onze
     jours, était récupérée, quand lebesoin s'en faisait sentir, par l'adjonction d'un  mois
     intercalaire.Celui-ci doublait le mois d'adar, le dernier de l'année religieuse,et retardait

     d'une lunaison le début du mois de nisan. Le sanhédrin,juge de l'opportunité de cette
     mesure, en décidait d'aprèsl'avancement de la saison, mais aussi d'après une règle qui
     faisaitentrer un élément de constance astronomique dans le système: en aucuncas la
     pleine lune de nisan ne devait précéder l'équinoxe deprintemps. De cette manière,

     l'équilibre des totaux annuels serétablissait assez régulièrement, quoiqu'il ne soit pas
     toujourspossible aujourd'hui  de savoir si c'est telle  année qui a reçu lemois
     intercalaire,  ou la suivante. Mais,  comme nous l'avons dit,chaque mois nouveau
     commençait un jour plus tôt ou un jour plus tard,selon que le croissant était visible ou

     ne l'était pas le soir où onl'attendait. Or, la visibilité  de la lune ne dépend pas
     seulement desa position par rapport à la terre et au soleil,  mais aussi de l'étatde
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