Page 1570 - dictionnaire westphal
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en 28 ou en 29. Nubile debonne heure, comme les filles d'Orient, elle a pu, à peu de
temps delà, être donnée en mariage à son oncle, malgré une différence d'âgede trente à
quarante ans. Dans l'énumération de Lu 3:18, les détenteurs du pouvoirreligieux
viennent en dernier lieu. Le texte dit littéralement: «sous le grand-prêtre Anne et
Caïphe». Élevé au pontificat parQuirinius, Anne avait été déposé en 15 par Valérius
Gratus (Jos., Ant., XVIII, 2:1, 2). Quoiqu'il n'y eût qu'un seul grand-prêtreen charge,
on continuait à donner le titre à ceux qui avaient exercéla fonction. L'étonnant n'est
donc pas que Luc appelle «grand-prêtre»quelqu'un qui ne l'était plus en fait; c'est que
ce vocable, ici ausingulier, ait l'air de s'appliquer seulement ou spécialement à
Anne(voir ce mot). Celui-ci, il faut le dire, jouissait d'une grandeautorité personnelle; il
eut cinq fils grands-prêtres (Jos., Ant., XX, 9:1). D'ailleurs, cette façon curieuse de le
mettre envedette (encore plus marquée Ac 4:6) n'ôte rien à la clarté dela situation
chronologique. Matthieu et Jean sont d'accord avecJosèphe pour nous apprendre que
Caïphe était grand-prêtre à l'époquedu procès de Jésus. Gendre d'Anne (Jn 18:13) et
son quatrièmesuccesseur, il fut nommé vers 18 par Valérius Gratus et resta encharge
jusqu'à sa déposition par Vitellius, en 36 (Ant., XVIII,2:2 4:3). 3. DUREE DU
MINISTERE DE JESUS.L'opinion qui réduit cette durée à un an a eu des partisans
dèsl'antiquité chrétienne et en a encore de nos jours. Si l'on en juged'après le cadre
narratif des synoptiques, il peut sembler qu'uneseule année sépare le baptême de la
crucifixion. Mais les troispremiers évangiles fournissent eux-mêmes la preuve que cet
intervalleest trop court. Prenons le récit des épis arrachés un jour de sabbat (Mr
2:23et parallèles). La saison est tout indiquée: les champs sont prêts àêtre
moissonnés. Or, en Palestine, la moisson se faisait d'avril àjuin, selon l'altitude des
terres et selon l'espèce du grain semé,l'orge étant plus hâtive que le froment (on offrait,
à la Pâque, lesprémices de la récolte des céréales; à la Pentecôte, on en
fêtaitl'achèvement). Dans le récit de la multiplication des pains, lamention de l' «herbe
verte» (Mr 6:39) n'est pas moinssignificative pour qui sait qu'en Palestine «le gazon
estcomplètement desséché dès la fin de mai» (Lagrange). Par ce charmantdétail
descriptif, Marc s'accorde avec Jean, qui parle de l'abondancede l'herbe (Jn 6:10) et
qui note la proximité de laPâque (Jn 6:4). Voilà donc deux scènes de la vie publique
duSeigneur qui se placent l'une et l'autre au printemps, mais lapremière à un moment
plus avancé de la saison. Elles ne peuventappartenir à la même année, à moins qu'on
ne prête à la narrationévangélique le plus invraisemblable bouleversement de l'ordre
desfaits. Comme, d'autre part, il est de toute impossibilité que leprintemps de la
multiplication des pains et celui de la Passion nefassent qu'un--trop de choses se
passent entre ces deux événements--,nous avons à compter avec un minimum de deux
années.Même résultat si l'on se place au point de vue de la géographie.A part le voyage
qui amène Jésus à Jérusalem, et le temps qu'il passedans la ville sainte avant d'y être
mis à mort, le ministère racontépar les synoptiques se limite à la Galilée et aux
territoiresvoisins. Mais certains détails font apercevoir là l'effet d'uneréduction

