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CHRONOLOGIE DU NOUVEAU TESTAMENT (2)
II CHRONOLOGIE DES TEMPS APOSTOLIQUES. 1. LA PRIMITIVE ÉGLISE.On
célébrait la Pentecôte cinquante jours après le 16 nisan, jour oùse faisait l'offrande de
la gerbe d'épis nouveaux. S'il y a eucoïncidence du 15 nisan et du sabbat, l'année de la
mort de Jésus, laPentecôte de cette année a dû être un dimanche, comme l'entend
latradition chrétienne. L'envoi du Saint-Esprit aux apôtres a faitd'une vieille fête de la
moisson le jour de naissance de l'Église.Nous parlerons maintenant des dates qui
comptent pour l'histoire dela communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, en
réservant lesquestions de chronologie paulinienne pour les deux paragraphessuivants.
La persécution que l'Église eut à souffrir de la part d'HérodeAgrippa I er (Ac 12:1)peut
être datée assez exactement.Ce prince, petit-fils d'Hérode le Grand, avait obtenu dela
faveur de Caligula, lors de l'avènement de celui-ci (mars 37),l'ancienne tétrarchie de
Philippe, celle de Lysanias, puis vers 40celle dont Hérode Antipas s'était vu
déposséder. Après l'assassinatde Caligula (janvier 41), il reçut encore de Claude la
Samarie et laJudée, et se trouva ainsi à la tête de tous les États qui avaientformé le
royaume de son grand-père. Lorsque la mort le surprit, nousdit Josèphe (Ant., XIX,
8:2;G.J., II, 11:6), il régnaitdepuis trois ans accomplis sur toute la Judée (ici Judée
signifiePalestine). Cela nous porte à l'année 44. La persécution ne peut pasêtre
antérieure à 41, puisque c'est alors seulement que la Judée futincorporée au royaume
d'Agrippa. Elle semble, d'après les Actes, nepas avoir précédé de beaucoup la fin
cruelle du persécuteur, revenude Jérusalem à Césarée (Ac 12:19). Si l'on en croit
Josèphe,Agrippa fut frappé du mal qui devait l'emporter au moment où ildonnait un
spectacle en l'honneur de l'empereur. Nous savons que leretour de Claude, qui était
parti en 43 pour la Grande-Bretagne, futcélébré à Rome par des jeux au
commencement de l'année 44 (DionCass., LX, 23). En admettant que cet exemple a été
suivi par Agrippaà quelques mois de distance, on peut faire de la Pâque
pendantlaquelle Pierre fut arrêté celle de la même année. Quoique mentionnéedans les
Actes avant la persécution, la famine prédite parAgabus (Ac 11:27 et suivants) doit se
placer un peu plus tard.L'auteur sacré note qu'elle arriva sous Claude (Ac 11:28),
cequi ne signifie pas que le fléau sévit dans tout l'empire en mêmetemps, car dans ce
cas on n'aurait pas pu se venir en aide d'uneprovince ou d'une ville à l'autre. Nous
savons par les historiensprofanes qu'il y eut en effet de grandes disettes pendant le
règne decet empereur (Tacite, Ann., XII, 43; Suétone, Claud., 18;Dion Cass., LX, 11),
et par Josèphe (Ant., XX, 5:2) que la Judéefut atteinte à l'époque du procurateur
Tibère Alexandre, peut-êtredéjà sous son prédécesseur Cuspius Fadus, mais de toute
façon en 45au plus tôt. C'est après la mort d'Agrippa I er que le régimeprocuratorien
fut rétabli et cette fois étendu à la Palestine entière(Ant., XIX, 9:2; G.J., II 11:6). Il
semble que Luc, aprèsavoir rassemblé dans sa notice d'Actes Ac 11:19-30 tout ce
qu'ilavait à dire de la fondation de l'Église d'Antioche, du travail deBarnabas et de Paul
dans cette Église, de la prophétie d'Agabus etdes mesures prises par les chrétiens

