Page 1578 - dictionnaire westphal
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d'Antioche pour secourir leursfrères de Jérusalem, revienne un peu  en arrière pour

     raconter commentceux-ci furent persécutés par le roi hérodien, peu de temps avant
     samort. Les derniers mots du ch. 12 reprennent le fil de la chronologieen signalant le
     retour des deux porteurs du secours envoyé à lacommunauté-mère. Agrippa avait fait
     mettre  à mort  un des apôtres, «Jacques frèrede  Jean» (Ac 12:2).  Certains  critiques
     voudraient nous persuaderque le texte  portait  primitivement:  «Jacques et Jean son

     frère». Ilsuivrait  de là que la conférence dont Paul parle au ch. 2 des Galates,et à
     laquelle Jean prit part, devrait forcément avoir eu lieuavant 44. C'est pourquoi nous
      avons  à  toucher un mot  d'une opinionqui intéresse  surtout  ce  qu'on appelle  le

     «problème johannique». Latrace du précoce martyre de Jean aurait été soigneusement
     effacée durécit des Actes à une époque où l'on croyait déjà que le disciplebien-aimé
      était  mort  à Éphèse après  une longue vieillesse.  Leprincipal  appui de cette  thèse
     subversive est un texte attribué àPapias et ainsi conçu: «Jean le théologien et Jacques
     son frèrefurent tués par les Juifs.» Mais ce texte n'a pour témoin que lacitation qui en

      est  faite  dans une compilation  historique  du V  esiècle,  connue elle-même  par  des
     extraits qui datent de 600 à 800,puis dans un des manuscrits, d'une chronique du IX
     e siècle (ici souscette forme: «Jean fut tué par les Juifs»). Il s'agit donc d'unenotice dont

     le vrai contexte est inconnu, la teneur primitivedouteuse, et dans l'histoire de laquelle
     une confusion entreJean-Baptiste et Jean l'apôtre pourrait bien avoir joué un
     rôle,comme aussi l'idée que la parole de Jésus aux fils de Zébédée (Mr10:39) avait dû
     s'accomplir par la mort violente des deux frères.Les. compilateurs de qui nous tenons
     ce problématique fragment, touten le rapportant à Jean l'apôtre, ne songent point à y

     voir  la  preuved'une  fin  si  prompte de sa carrière.  Et si  saint Irénée et
     sescontemporains, qui possédaient l'ouvrage de Papias. aujourd'huiperdu, y avaient lu
     l'énoncé d'un fait aussi inconciliable avec latradition relative au séjour et à l'activité de
     Jean en Asie, commentcette tradition aurait-elle pu s'accréditer? Irénée n'aurait pas

     pudire que Papias (né au plus tôt dans les années 70!) avait été un desauditeurs, de
     l'apôtre. Et surtout Eusèbe ne se serait  pas abstenu,dans le  chapitre où il  conteste
     cette affirmation  d'Irénée (H.E.,III,  39), de recourir à l'argument péremptoire que
     Papias lui-mêmelui aurait fourni par sa prétendue mention du double, martyre del'an

     44. Il convient donc d'écarter sans hésitation une hypothèse quiajoute indûment à un
     passage bien clair des Actes ce que voudraient.y trouver les négateurs de l'authenticité
      de l'évangile  de Jean (voirce  mot).  D'après Josèphe (Ant.,  XX, 9:1),  Jacques le  frère
     duSeigneur fut lapidé par ordre du grand-prêtre Ananos, fils  de celuique le N.T.

      appelle  Annas (Anne),  et  cela  pendant le  temps  quis'écoula entre  la  mort  du
     procurateur Festus et l'arrivée de sonsuccesseur Albinus. Un autre récit de Josèphe
     (G.J., VI, 5:3)noua, apprend qu'Albinus était à son poste lors de la fête desTabernacles
     de l'année 62. C'est donc cette année au plus tard, etassez probablement cette année

      même,--la  mort  de Festus ne pouvantguère être  antérieure,--que  Jacques aurait  été
      exécuté.  CependantHégésippe, qui fait  de ce martyre  un récit  détaillé  (conservé
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