Page 1576 - dictionnaire westphal
P. 1576

a été rendue possible par les conditionsastronomiques, aussi bien que par les

     conditions atmosphériques (cequi donne  la correspondance: 25 mars =I er nisan, 7
     avril =14 nisan),si par conséquent  le comput des hommes du temple, tel que
     Jeanl'atteste, est bien exact, il n'est pas impossible que les partisansde l'anticipation
     se soient appuyés de bonne foi sur des observationsfausses. Le P. Lagrange raconte
     être arrivé à Gaza, le 15 mars 1896,avec des bédouins qui n'osaient rompre le jeûne

     du Ramadan, parcequ'ils avaient vainement guetté l'apparition du croissant la veilleau
     soir. Mais, agréable surprise, la population de la ville fêtaitdéjà le baïram: on avait vu
     la lune! Or, la nouvelle lune, invisibled'abord comme chacun le sait, ne datait que du

     milieu de la journéedu 14. Le croissant ne pouvait mathématiquement s'être montré le
     soirdu même jour. Le P. Schaumberger, à qui nous empruntons la remarquede cette
     impossibilité,  cite  d'après la Mischna un exemple d'erreurcomparable à celui des
     musulmans de Gaza. L'illustre Gamaliel IIadmit une fois, sur la déclaration de deux
      témoins,  que la  lunes'était  fait  voir  dans la  nuit  du 29 au 30,  ce  qui  fut

     reconnuimpossible, car elle ne parut même pas au ciel la nuit suivante. M.K. Schoch,
     qui a une longue pratique de ce genre d'observations, ditavoir été souvent trompé au
     moins pour une minute, les soirs deprintemps, par de petites stries lumineuses qui

     imitent au ras del'horizon la forme mince du tout nouveau  croissant. Il n'est
     pasinconcevable  que des observateurs palestiniens, moins avertis, aientcru
     reconnaître l'objet de leur attente en ce qui n'étaitqu'apparence, jeu de lumière dans le
     crépuscule, et que leurtémoignage ait été retenu et invoqué par des docteurs graves,
     quivoulaient cette année-là célébrer une Pâque anticipée, comme Jésusl'a fait pour des

      raisons  à  lui.Que  l'on explique  d'une façon  ou de l'autre  le  désaccord apparentdes
     textes touchant le quantième du mois juif,  l'histoire etl'astronomie s'unissent pour
     nous engager à conclure que le 7 avrilde l'an 30 est bien la date où le Fils de Dieu
     mourut pour les péchésdes hommes.
   1571   1572   1573   1574   1575   1576   1577   1578   1579   1580   1581