Page 1565 - dictionnaire westphal
P. 1565

ettels  autres que nous passons sous silence,  ne sortent pas du domainede la

      conjecture,  quoiqu'on puisse les  appuyer de certains  exemplesgrammaticaux.  Dans
     l'interprétation ordinaire, selon laquelle le censmentionné par Luc se place pendant le
     gouvernement de Quirinius, ilfaut expliquer pourquoi ce cens est qualifié de «premier».
     Ou bienl'évangéliste veut marquer la grande nouveauté d'une telle mesure, aumoins
     pour la Judée; ou bien il croit devoir distinguer ce cens-làd'un ou de plusieurs autres,

      effectués  dans la  suite,  mais  aussipendant que  la  Syrie  avait  Quirinius  pour
     gouverneur. De toute façon,la phrase discutée se justifierait  s'il était  établi  que
     Quirinius aété à deux reprises légat de Syrie, et la première fois à une époquequi pût

     convenir pour le dénombrement rendu célèbre par le texte deLuc. Qu'il y ait eu deux
     légations de Quirinius, beaucoup l'admettentpour les raisons que voici. Une campagne
     comme celle que Quiriniusmena dans le Taurus  avait normalement pour chef le
     gouverneur de laprovince où elle  devait  se faire  ou d'où elle  devait  partir.Quirinius
     gouvernait donc alors une province. Laquelle? Il estnaturel de penser à celle de Syrie,

     dont la  Cilicie  dépendaitvraisemblablement.  Mais  si  Quirinius  était  légat  de Syrie
     quand ilvainquit  les Homonades, cette légation est antérieure à l'officequ'il  eut à
     remplir auprès de Caïus César; elle ne peut se placeraprès l'an 3 de notre ère, puisque

     le jeune prince mourut à sonretour d'Arménie, en février de l'année 4. Donc il s'agit
     d'unelégation qu'on  ne saurait confondre avec celle pendant laquelle sefit  le
     recensement dont parle Josèphe. L'argumentation paraîtcorrecte.  Et comme  il  est
     question dans une inscription de Tibur d'unpersonnage qui obtint deux fois d'Auguste
     la province de Syrie (telest le sens généralement admis), plusieurs érudits, à la suite

     deSanclemente (1793), ont estimé pouvoir reconnaître en lui notreQuirinius. Cette
     restitution d'un texte malheureusement mutilé n'estcependant pas acceptée par tous
     les archéologues. Supposons néanmoinsque les deux légations syriennes de Quirinius
      soient  acquises àl'histoire.  Reste à  savoir  à  quelle  époque exactement  se  place

     lapremière  des deux; de là  dépend la  concordance des dates.  Le  terminus  a quo  est
     donné par l'année du consulat de Quirinius:12 av. J.-C. De l'an 10 environ à l'an 4,
     Josèphe mentionne comme s'étantsuccédé en Syrie les légats Titius,  Saturninus et
     Varus. D'aprèsMomrn-sen et Schurer, la première légation de Quirinius  ne

      sauraittrouver  place  qu'après l'expiration  des  fonctions  de  Varus,  de  3  à  2av.  J.-C.
     Mais, si c'est alors qu'on procéda au recensement qui futla cause occasionnelle de la
     venue de Marie à Bethléhem, il y a là denouveau  contradiction avec l'attestation
     formelle de la naissance deJésus «aux jours du roi Hérode». D'autres combinaisons ont

      été  proposées.  Nous  ne  pouvons lessignaler  toutes.  Ramsay a  découvert en  1912 à
     Antioche de Pisidie uneinscription dans laquelle Quirinius est qualifié de  duumvir.
     Ilsuppose que ce titre fut décerné à l'ancien consul par les autoritésde la colonie à la
     suite de son heureuse campagne, qui avait pacifiéle pays. Un milliaire, témoin de la

     construction de la routeimpériale destinée à relier Antioche aux  cinq colonies
      pisidiennesnouvellement fondées,  sert  de preuve au savant  anglais  pour établirque
   1560   1561   1562   1563   1564   1565   1566   1567   1568   1569   1570