Page 1563 - dictionnaire westphal
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déjàdepuis un certain temps (2:15,19). La visite des Mages à Jérusalem nedoit pas se
placer aux tout derniers jours de la vie du roi (d'aprèsJosèphe il mourut à Jérico,
après avoir vainement essayé des eaux deCallirrhoé, à l'Est de la mer Morte). Il faut
aussi considérer laconsigne donnée quant à l'âge des enfants à massacrer: «deux ans
etau-dessous» (Mt 2:16). Cela signifie que, vu la date à laquelleles Mages lui ont dit
avoir vu l'étoile, Hérode juge prudent deremonter à deux ans en arrière pour être sûr
d'atteindre lecompétiteur dont il veut se débarrasser. Un indice chronologique précis
peut-il être tiré de la mentionmême de l'étoile des Mages? Cette idée n'est point à
rejeter apriori. Pour amener au berceau du Rédempteur ces sages d'Orient,versés dans
la science astrologique de leur époque, Dieu peut sansdoute avoir suscité un miracle
dont nulle astronomie ne sauraitrendre compte. Mais il peut aussi s'être servi d'un fait
naturel, quipût prendre à leurs yeux la valeur d'un signe. Et du côté même deceux qui
nient la visite des Mages, certains auteurs tiennent pourpossible que le récit qui nous
en est fait se fonde sur le souvenird'un phénomène astronomique dûment observé.
Mais quel est cephénomène, et se prête-t-il à une détermination de temps?
Origènepensait déjà à une comète. Cette hypothèse a été reprise par
quelquesmodernes. On reconnaît aujourd'hui que les comètes n'ont pas toujoursété
regardées dans l'antiquité comme des présages de malheur. Plusprécisément on a
voulu identifier l'étoile des Mages avec la comètede Halley, qui aurait passé au
périhélie en octobre de l'an 12 av.J.-C. Mais la date de la nativité serait reculée par là
plus qu'iln'est vraisemblable d'après l'ensemble des données dont nousdisposons. Et
d'autres comètes, à révolution connue ou inconnue, ontpu être observées dans les
années qui précédèrent la mort d'Hérode(les annalistes chinois en signalent bien une
en 12, mais aussi en 8,en 5, en 4). De telle sorte que, s'il s'agit d'un de ces
astreschevelus, la mention qui en est faite est dénuée de toutesignification pour la
chronologie. Même impossibilité de contrôledans l'hypothèse d'une étoile temporaire,
d'une brillante nova, ou dans celle encore d'un simple astéroïde entré en contact
avecl'atmosphère terrestre (ceci d'ailleurs est quelque chose de tropfugitif pour que le
récit de Matthieu s'y puisse rapporter). Par contre, l'époque d'une conjonction d'astres
peut toujoursêtre déterminée. Kepler vit, en 1603, Jupiter et Saturne réunis dansla
constellation des Poissons, et calcula que le fait avait dû seproduire aussi en 7 av. J.-
C. Ayant observé l'an d'après l'apparitiond'une belle étoile temporaire, il supposa que
les Mages avaient ététémoins de la même coïncidence de phénomènes. En 1922, le
professeurO. Gerhardt a savamment développé une exégèse qui se fonde sur
lesindications des tables astronomiques, mais sans mettre en causel'invérifiable
intervention d'une nova. L'étoile des Mages seraitla planète Saturne, connue comme
ayant une importance particulièrepour les destinées d'Israël. Le moment décisif évoqué
par les mots«nous avons vu son étoile...» (Mt 2:2) serait celui du leverhéliaque de cette
planète, dans la partie du zodiaque où les Magesavaient prévu sa rencontre avec
Jupiter. C'est cette conjonctionremarquable et rare, signe pour eux de la naissance du

