Page 1376 - dictionnaire westphal
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Dieu des Juifs et l'A.T., livre de ceDieu. Il tenait Paul pour l'unique héritier légitime de

     la pensée deJésus et le  seul détenteur de la  vérité apostolique. Pas plus que
      sescontemporains,  d'autre part,  il  ne  pouvait  concevoir  une religiondépourvue d'un
     livre saint. Tout cela devait le pousser à faire desép. de Paul l'élément central du canon
     de son Église. Quoi qu'il en soit, on peut dire que, vers 150, l'Église a etveut avoir une
     collection de livres chrétiens répartis en deuxgroupes: «le Seigneur», et «l'Apostolique»,

     où les ép. de Pauloccupent presque toute la place. Pendant la seconde moitié du II e
     siècle,  nous voyons se préciserle  contenu du «Seigneur» et s'enrichir celui  de
     «l'Apostolique». Onarrive assez vite à n'admettre dans  «le Seigneur» que nos

     quatreévangile canoniques. Il  règne cependant encore une certaine libertéen ce
     domaine. Plusieurs Églises continuent de lire  dans leurs cultesl'évangile de Pierre.
     Tatien, disciple de Justin, compose son«Diatessaron » (harmonie) qui combine en un
     seul nos quatre évangileset qui a un tel succès que, jusqu'au V e siècle, les Eglises de
      Syriele  lisent  avec  prédilection.  Vers  175,  le  prêtre  romain  Gaïus,  quiest  bon

     catholique, peut combattre le 4 e évangile et soutenir quecelui-ci n'est pas de Jean,
     mais bien de l'hérétique Cérinthe.D'autre part, les ép. de Paul prennent une autorité
      toujours pluscanonique. Athénagore, vers  177, cite  des textes  de 1 et  2Co  comme

     ilciterait  l'A.T.; Théophile d'Antioche, vers 190, présente ungroupement de paroles
     pauliniennes comme «ordonnances de la Paroledivine». Une nuance entre «le Seigneur»
     et «l'Apôtre» subsiste peut-êtreencore dans ce curieux passage des Actes des Martyrs
      de  Scillita(Numidie,  juill.  180),  où  un chrétien  répond à  un proconsul qui
     luidemandait: «Quels objets avez-vous dans vos armoires?--Nos livres, et enoutre les

     épîtres de Paul, homme juste.» A côté de ces ép., d'autresouvrages, que nous allons
     voir, viennent prendre place dans«l'Apostolique». Vers la fin du II e siècle, un certain
      nombre  de renseignementsmontrent combien,  en cinquante années, la  notion  et  les
     contours ducanon se sont précisés.  C'est le  moment où fleurissent  trois

      grandsthéologiens:  Irénée  de  Lyon, Tertullien  de  Carthage,  et  Clémentd'Alexandrie,
      représentant  chacun l'une des  branches principales  dela  chrétienté.  Tous trois  sont
     d'accord pour considérer comme seulscanoniques nos quatre évangiles. Irénée estime
     même que ce nombre estprovidentiel,  car il  correspond, dans la nature, aux quatre

     vents,et, dans la Bible,  aux quatre animaux fantastiques de la vision deEze 1:6-12
     (origine  des symboles évangéliques). Au sujet de«l'Apostolique», leur unanimité est
     moins parfaite. Ils reconnaissentles uns et les autres la canonicité des treize ép. de
     Paul, Apoc,Act., 1Pi et 1Jean. Par contre, à propos de Héb., Jacq., Jude, 2 et3Jean,

     leurs opinions divergent. Irénée ne connaît ni Jude, ni 2 et3Jean et il ne tient pas Heb
     et Jacques pour des écrits sacrés. AvecTertullien, Jude fait son entrée dans le canon,
     mais il n'est pascertain que Tertullien ait admis Jacq.; quant à Héb., il la cite unefois
     comme oeuvre de Barnabas, disciple des Apôtres. Clément nesemble pas avoir connu

     Jacques.  Tous ignorent encore 2Pi (quin'apparaît comme sûrement canonique que
     chez des auteurs du III esiècle: Origène et Firmilien de Césarée en Cappadoce, dans sa
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