Page 1381 - dictionnaire westphal
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parconséquent canoniques et, dans sa traduction du N.T., il modifial'ordre catholique

     des vingt-sept livres, reléguant à la fin ceuxdont l'apostolicité lui était suspecte, pour
     des raisons nond'histoire, mais de sentiment: Héb., Jacq., Jude, Apo. C'était là
      unenorme  toute  subjective  qui  ne  pouvait  avoir  de  lendemain,  car  elleeût  permis  à
     chaque protestant de se faire  son canon personnel, cequi,  a cette  époque, eût paru
     inouï. Carlstadt, dans son Libellusde canonicis scripturis (1520), tenta de constituer un

     canon fondésur l'histoire.  Il  arrivait  ainsi  à distinguer  trois  catégories  delivres:  de
     suprême autorité, d'autorité seconde, et de troisièmeautorité et moindre célébrité. Mais
     ce canon  nuancé, produit d'unescience  humaine toujours révisable, n'avait pas

      l'autorité  massiveque les  fidèles  réclamaient;  et  puis,  cette  histoire  que
     Carlstadtinvoquait pour ou contre tel ou tel livre, c'était en définitivel'histoire de ce que
     l'Église,  par ses théologiens,  ses papes et  sesconciles,  en avait  pensé. Le
     protestantisme a donc renoncé très vite à se donner un nouveaucanon. Négligeant le
     fait--à vrai dire peu important--que lesNestoriens ont un N.T. qui ne compte que vingt-

    deux livres,  et quel'Église éthiopienne d'Abyssinie en a trente-cinq dans le sien
     (nosvingt-sept livres plus les huit livres des «Constitutionsapostoliques»), il a considéré
     que les Églises chrétiennes unanimesreconnaissaient pour sacré et canonique le N.T.

     de vingt-sept livres,et il l'a, lui aussi, reconnu pour tel, sans y changer quoi que cesoit.
     Et comme Dieu leur avait parlé par le N.T. et qu'en  eux leSaint-Esprit rendait
     témoignage à la valeur souveraine et à lavérité de ses pages, comme d'autre part le
     N.T. leur semblaitcondamner radicalement l'Église dont il était l'oeuvre, lesprotestants
     s'attachèrent à lui  avec une ténacité et une ardeur sanspareilles et ne voulurent

     s'inspirer  que du Livre de la chrétientépour s'appliquer à construire une chrétienté
     meilleure. Indiquons-en terminant que canon a pour sens primitif: règle,limite, norme.
     C'est dans ce sens qu'il est employé dans leN.T (Ga 6:16,2Co 10:13,15,16). Appliqué
     aux livres de la Bible,vers 350, ce terme apparaît d'abord comme adjectif (un décret

     duConcile de Laodicée, en 363, parle de livres  canoniques),  oucomme participe
     (Athanase, en 367, emploie l'expression de livres  canonisés).  Canon, synonyme de
      Bible,  recueil  des  livrescanoniques,  se  trouve  pour  la  première  fois,  à notre
     connaissance, en380, chez Priscillien: «Qui est ce prophète, écrit-il, que nous nelisons

     pas dans le canon?» J. Br.Révision Yves Petrakian 2005
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