Page 1373 - dictionnaire westphal
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suivant). Maiscette impérieuse intransigeance est nécessairement celle de toutprophète.

     Quiconque a conscience de parler par mandat spécial de Dieupour transmettre une
     révélation,  a le droit d'être écouté et crucomme Dieu lui-même.  Toutefois, nous ne
     trouvons rien,  ni dansl'Apocalypse, ni dans les  fragments  que nous possédons de l'
     Apocalypse de Pierre , ni dans le Pasteur d'Hermas , qui nousautorise à penser que
     leurs auteurs avaient l'ambition  d'ajouter leuroeuvre à la Bible.  Celle-ci  demeure

     toujours  l'unique et  intangibleautorité  scripturaire.  Dans les  évangiles,  ce qui est
     sacré, c'est le Seigneur dont ilssont remplis. Mais on sait encore fort bien distinguer
     entre lecontenant et le contenu. C'est le contenu qui fait la valeur ducontenant, et non

     l'inverse, ainsi que ce sera le cas lorsque lesévangiles seront devenus canoniques. Bien
     des recueils de paroles du Christ ou de récits de sa viesont nés et ont disparu après
     une existence éphémère, remplacés pard'autres plus complets. On ne se fait alors nul
     cas de conscience decorriger  l'évangile  qu'on a entre les  mains,  d'y ajouter
     quelquedétail, d'y introduire telle parole du Sauveur que l'on connaît parla tradition

     orale ou par quelque autre écrit (texte amplifié du II esiècle, représenté en particulier
      par  le  Codex  Cantabrigiensis).  LesPères  du  II  e  siècle  citent  les  évangiles  avec  une
     liberté qui montreque, pour eux, le fond importe encore plus que la forme,  et que

     lalettre des livres chrétiens n'a pas encore été divinisée. Papias,évêque de Hiérapolis en
     Phrygie, à qui nous devons les plus anciensrenseignements que nous possédions sur
     quelques-uns de nos évangiles,déclarait, dans la première moitié du II° siècle, préférer
     latradition orale aux évangiles écrits (voir Évangile Synopt.). Mais, à côté de l'autorité
     de l'A.T. et du Seigneur, nous envoyons, vers la fin du I er siècle, surgir une troisième

     quidésormais ne fera que grandir et aura une fortune singulière:  celledes Apôtres.
      D'emblée, et comme de juste, les Apôtres jouirent dans l'Églised'une  considération
     toute spéciale.  Choisis  par le  Christ,  témoins  desa vie,  héritiers  de sa pensée,

     continuateurs de son oeuvre, premiersmissionnaires, il était fort légitime qu'ils fussent
     hautementestimés. Toutefois, au début du christianisme, ils étaient encore
     deshommes. Leur titre n'avait pas encore auréolé leur personnalité aupoint que leur
     personnalité ne comptât plus. Ce qu'ils étaient entant qu'hommes contribuait pour le
     moins autant a leur prestige queleur qualité d'apôtres. C'est pourquoi quelques-uns

     d'entre euxpassèrent au premier plan, tandis que d'autres demeurèrentextrêmement
     effacés et ne laissèrent aucun souvenir. Au siècleapostolique, c'est l'homme plus que
     la fonction qui faisait la valeurde l'apôtre. Il arriva même que Paul, p. ex., oublia la

     fonction pourne voir que l'homme. C'est ainsi qu'il résista  en face à Pierre et
     leréprimanda «parce que, écrit-il, son attitude le condamnaitet...Qu'il ne marchait pas
     droit selon la vérité del'Évangile» (Ga 2:11,14). Dans les générations suivantes, il n'en
     va plus de même. On nevoit plus les petites ombres, les côtés trop humains. On ne
     sesouvient plus qu'il y eut des différends entre les apôtres et qu'ilsne furent pas

     toujours d'accord. On ne sait désormais qu'une chose,c'est que le Seigneur a fait d'eux
     les dépositaires de la véritéchrétienne, qu'ils ont organisé l'Église selon ses directions
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