Page 1372 - dictionnaire westphal
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tenaient pour des mécréants incapables de comprendre leurpropre Livre (2Co 3:14-16).

     C'est que les chrétiensreconnaissaient encore une autre autorité, égale et semblable
     endroit à celle de la Bible,  puisque  toutes deux procédaient du mêmeSaint-Esprit,
     mais en fait supérieure: la parole et la vie du  Christ,ou, comme ils disaient: le
     Seigneur. Ce que le Seigneur avait ditétait  la vérité  même et ne se discutait pas.
     Lorsque Paul se fondaitsur une parole du Seigneur, il donnait non plus des conseils,

     maisdes ordres (1Co 7:10). On méditait les grands événements de lavie de Jésus et on
     se pénétrait de son exemple (1Co 11:23,Ga3:1,Php 2:5-8). Ce qui avait trait à son
     histoire et à sonenseignement formait la matière d'une tradition non encore écrite,qui

     passait de bouche en bouche et que l'on conservaitpieusement (1Co 15:3). C'est à la
     lumière de leur foi au Christ que les croyantslisaient l'A.T. Celui-ci s'éclairait dès lors
     pour eux d'un  journouveau  et leur découvrait des profondeurs insoupçonnées  des
     Juifs. Achaque page, les fidèles  s'ingéniaient à discerner des prophéties oudes
      préfigurations  de  ce  que Jésus avait  dû accomplir,  de  sorte  quela  Bible  devenait  à

     leurs yeux un livre de moins en moins juif et deplus en plus chrétien. Ils pratiquaient
     sans scrupule la méthoded'interprétation allégorique dont les Juifs avaient usé avant
     eux etqui consiste à ôter aux mots ou aux faits leur sens naturel ethabituel pour leur

     en donner  un nouveau,  symbolique ou spirituel,accessible aux  seuls initiés (ex.
     d'interpr. allég.:  1Co 10:24,Ga4:21-26).  Dans la période suivante, c-à-d.
     approximativement entre la mortde Paul et 140, nous retrouvons les deux autorités
     que nous avonsnotées dans l'âge apostolique et nous en voyons paraître unetroisième.
     Les Écritures sont lues avec une ferveur qui ne serefroidit point (2Ti 3:16). On note

     que Jésus les a accompliesjusque dans les moindres détails. (Tout Matthieu, Jn 19:28,
     etc.).L'interprétation  allégorique se développe et légitime les exégèsesles plus
      ingénieuses.  (ex.:  Heb  6:20-7:28;  ép.  de  Barnabas;Dialogue  avec  Tryphon)  D'autre
     part, l'autorité du  Seigneur grandit encore si possible.Comme les témoins de sa vie

     vieillissent et disparaissent et que lafin du monde, qu'on avait crue imminente (1Th
      4:17),  tarde  àvenir,  on éprouve le  besoin  d'assurer aux générations futures
     laconnaissance du Christ,  de sa doctrine et  de son histoire.  Oncommence donc à
     consigner par écrit le trésor de la tradition orale. Ce sont d'abord des collections plus

     ou moins considérables deparoles du Maître, puis des ébauches d'évangiles (Lu 1:1,4)
     etenfin nos évangiles. Mais, tout comme dans la période précédente,ceux qui se
     mettent à composer des ouvrages chrétiens n'ont nullementla prétention de donner au
     monde des textes divins, sous l'ordre etla dictée de l'Esprit, en vue d'enrichir la Bible.

     Le prologue del'évangile de Luc n'exprime rien d'autre que les sentiments d'unhistorien
     chrétien voulant à la fois faire oeuvre de vérité etglorifier son Sauveur. L'auteur du 4 e
      évangile  renonce à  entrer  dansplus de détails,  non parce  que l'inspiration  lui  fait
     soudainementdéfaut, mais parce que, très humainement, il estime en avoir assezdit

      pour  provoquer chez ses  lecteurs  la  foi  en Jésus (Jn  20:30et  suivant).  L'auteur de
     l'Apocalypse, il  est vrai,  réclame uneadhésion  entière à ce qu'il écrit  (Ap 22:18  et
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