Page 1374 - dictionnaire westphal
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et quec'est à leur message qu'on doit la certitude du salut. De même que leChrist est le

     médiateur indispensable entre Dieu et les hommes, lesApôtres sont les intermédiaires
     entre le Seigneur et l'humanité. S'ilsn'avaient pas parlé et s'ils n'avaient pas écrit,
     commentconnaîtrait-on le Fils et l'Évangile? Les évangiles insistent sansdoute sur les
     faiblesses et l'inintelligence des disciples,  mais celadoit  montrer toute l'efficacité  de
     l'action merveilleuse que l'Espritexerça ensuite en eux pour faire d'eux  les apôtres

     qu'ils devinrent.Plusieurs textes évangéliques (d'entre les moins primitifs) exaltentleur
     dignité sans pareille et leur rôle incomparable (Mr 4:11,Mt28:16-20, cf. Ap 21:14).
     Après avoir consacré un premier livre à Jésus, l'auteur du 3 eévangile n'hésite pas à

      en  écrire  un  second sur  les  Apôtres.  Lalégende ne  tarde  pas  à  s'emparer  de  leur
     personne et à leur attribuerune stature surhumaine. On assiste au II e siècle à toute
     unefloraison d' «Actes» des divers Apôtres, tous plus merveilleux lesuns que les autres
     et plus chargés de miracles que l'histoire desplus illustres héros de l'A.T. Donc, là où
     est l'Apôtre, là aussi leChrist est sûrement. C'est ainsi que les Apôtres deviennent pour

      leschrétiens  la  troisième  autorité  canonique. On  trouve  exprimée  cettetriple  autorité
      qui régira  désormais  la  chrétienté  dans l'ouvrage lemoins  ancien du N.T.,  2Pi  3:2:
     «pour que vous vous souveniez desprédictions faites  par les  saints Prophètes, et du

     commandement denotre Seigneur et Sauveur, transmis par vos Apôtres» (cf. ép.
     dePolycarpe 6:3). On ne se soucie pas encore de déterminer au juste quels ouvragesont
     vraiment les Apôtres pour auteurs. Cette  préoccupation ne viendraque plus tard et
     donnera lieu  à un travail  de triage  qui exigerabeaucoup de temps et  de peine. A
     l'époque où nous en sommes, ilsuffit à l'Église de savoir que ce sont les Apôtres qui

     l'ont fondéeconformément aux indications du Seigneur, qu'ils sont donc le canonde sa
     constitution et qu'ils lui ont transmis les paroles duSeigneur, qui sont le canon de sa
      foi  et  de sa morale.  C'est dans ces conditions que ne tarda pas à se former toute
     unelittérature chrétienne: nos évangiles et d'autres, plus ou moinsfragmentaires, dont

     certains ne nous sont plus connus  que de nom,lettres de Paul, Apocalypses, petits
     traités de piété, de controverseou de morale rédigés sous forme épistolaire (ép. cathol.),
      Actesdivers  d'Apôtres, lettres  de chrétiens  contemporains justementvénérés.  Les
      Églises  rassemblaient  autant qu'elles pouvaient de cettelittérature  qui  leur  était

     précieuse, et l'utilisaient dans leurscultes en en faisant la lecture, à côté de celle de la
     Bible. Cesouvrages, lus dans les milieux les plus divers, perdaient--les ép. dePaul en
     particulier--ce qu'ils avaient eu de spécial et d'occasionnelà leur origine. Chacun les
     considérait comme écrits pour lui ets'adressant à lui. C'est alors sans doute que se

     produisirent  desinterpolations très  antiques, comme celle  de 1Co  1:2 où Paulsalue,
     non seulement ses lecteurs, mais aussi «tous ceux qui, en toutlieu, invoquent le nom
     du Seigneur Jésus». Échappant ainsi aux loisde la contingence historique, tous ces
     écrits  constituaient  leséléments  de ce qui allait  devenir le  nouveau livre  sacré

      deschrétiens.  Si  l'on veut donner déjà  à  ces  ouvrages  le  nom de N.T.,  ilfaut  alors
     reconnaître qu'il n'y a pas eu un N.T. primitif, maisqu'il en exista un grand nombre,
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