Page 1378 - dictionnaire westphal
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instrumentd'édification, d'organisation, de défense et de combat, et il  naquitd'un

     compromis entre les habitudes du peuple chrétien et la sciencede ses conducteurs. On
     le voit bien quand on lit les explications ducanon de Muratori (comme du reste celles
     d'Irénée, de Tertullien etde Clément d'Alexandrie), où c'est tantôt le fait qu'un ouvrage
     estlu dans toutes les Églises, tantôt l'orthodoxie de son contenu,tantôt son origine
     apostolique, qui le rend canonique. Il estcependant juste de dire qu'en principe et en

     intention l'Église nevoulut conférer la canonicité qu'aux livres écrits par les Apôtres
      ousous leur  garantie.  A partir  de 200, la tâche que l'Église aura à accomplir  dans
     ledomaine du Canon et  dont elle  s'acquittera avec une pleine consciencedu but à

     atteindre, sera triple: 1° supprimer les différences existant dans les diversmilieux au
     sujet des livres canoniques;  2° réunir dans «l'Apostolique» tout ce qui est digned'y
      figurer;  3° rejeter  de cet «Apostolique» les ouvrages quin'ont pas le droit d'en faire
     partie. Voyons brièvement comment elleaccomplit cette oeuvre. D'abord l'Église latine.
     Comme cette Église avait déjà le besoind'unité, l'esprit de discipline et le sens juridique

     qui lacaractérisent et que, d'autre part, elle possédait de moins grandssavants  que
     l'Église d'Orient, la formation de son canon n'offre pasles nuances et les complexités
     que nous rencontrons dans l'Églisegrecque. Elle n'a jamais mis en doute l' Apo de Jean

     et c'est grâce àsa ténacité que ce livre fut finalement canonisé aussi par lachrétienté
     orientale. Le groupe des sept ép. cathol. ne s'est constitué que lentement.Cyprien de
     Carthage (Mort en 258) ne cite que 1Jean  et 1Pi; Hilairede  Poitiers (Mort en 366)
     semble ne reconnaître que Jas; Ambroise deMilan (Mort en 397) ne paraît pas encore
     accepter Jacq., Jude,2Pierre, 2Jean et 3Jean. Nous possédons deux canons latins du

     IV esiècle: le canon de Mommsen, où ne sont mentionnés comme canoniquesque 1 et
     2Pi et 1, 2, 3Jean, et le  Catalogus claromontanus,  quicontient nos sept ép. cath.;
     seulement il n'est pas certain que cedernier soit d'origine occidentale. L'ép. aux Heb

     n'a pas été admisesans difficulté  dans le canon  latin. Le schismatique Novatien,
     àRome, vers 255, la tenait pour canonique et l'attribuait au «trèssaint Barnabas». Mais
     ce n'est que dans la seconde moitié du IV esiècle que nous la voyons apparaître, en
     qualité d'ép. paulinienne etcanonique, chez les théologiens occidentaux. Quant aux
     livres plus ou moins anciens, mais non apostoliques,dont plusieurs étaient et restèrent

      longtemps  utilisés  par  l'Églisegrecque,  le  catholicisme  latin  se  montra  très  vite  fort
     défiant àleur égard et paraît n'avoir eu guère de peine à les exclure (saufpeut-être la
     pseudo-ép. aux Laodicéens qu'on retrouve, même au Moyenâge, dans certains

     manuscrits latin, parfois à la place de l'épîtreaux Héb., et qui se rencontre jusque dans
     quelques manuscrits de laVulgate). Un des motifs qui furent allégués contre Priscillien
     et lefirent condamner finalement à mort (385), fut précisément saprédilection coupable
     pour ce genre d'écrits. En 382, sous le pape Damase, un synode tenu à Rome établit
     lenombre des ouvrages chrétiens canonisés par l'Église catholique. Cesouvrages sont,

     selon ledit décret: quatre év., quatorze ép. de Pauldont, au dernier rang, Héb., Apoc.,
     Act., sept ép. cathol. Cettedécision constitue une  date à retenir, car, si l'ordre des
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