Page 1371 - dictionnaire westphal
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CANON DU N.T.
    La religion chrétienne a toujours eu un livre canonique, c-à-d.contenant la règle de la
     foi et de la vie et possédant, en vertu deson inspiration divine, une autorité souveraine

      pour tous lescroyants.  Pour  Jésus, ce  livre  saint  était  la  Bible  de  son peuple.  Nous
     nesavons pas au juste de quels ouvrages celle-ci se composait, carl'A.T. hébreu n'a été
     définitivement clos qu'après l'ère chrétienne.Jésus  parle avec la plus grande

     vénération et une entière confiancede la «Loi» et des «Prophètes», et s'il entend les
      Écritures  d'unemanière nouvelle,  plus  profonde et  vraiment  spirituelle,  s'il
     lesinterprète avec originalité, c'est, dans son intention, pour leurrestituer leur pleine
     signification  et  les  rétablir  dans leurvéritable  dignité.  Au reste,  Jésus puisait  ses
     convictionsreligieuses ailleurs encore que dans l'A.T. Il les trouvait dans unecertaine

     intuition de Dieu qui lui était propre et qui constituel'adorable mystère de sa personne
     unique. Dieu lui parlaitdirectement  et c'est au nom de cette parole intérieure qu'il
     savait,dans la Bible,  noter ce qui est éternel et ce qui esttransitoire (Mt 5:21,46) et

     faire le départ entre ce qui est deMoïse et ce qui est de Dieu (Mr 10:1-9). Jésus n'a
     jamais pensé que là Bible telle qu'il la possédait fûtinsuffisante et dût être complétée.
     Il n'a pas écrit une ligne pour yajouter quoi que ce soit et il n'a jamais ordonné à ses
     disciplesd'accomplir un tel travail. Les chrétiens de la génération apostolique ont, sur
      ce  point,partagé  entièrement  l'opinion de  leur  Maître.  Il  ont  cru  à  la  Bible,l'ont  lue

     dans leurs cultes, l'ont méditée et y ont trouvé laconfirmation de leur foi. Seulement,
     lorsque le christianisme passa,peu après sa naissance, du milieu juif dans le monde
     gréco-romain, laBible qui fit loi ne fut plus l'hébraïque, mais la grecque: celle desLXX

     C'est elle qui est presque exclusivement citée dans le N.T. Elleétait plus longue que la
     nôtre (qui  est traduite de l'hébr.) etpossédait peut-être  même des livres  ou des
     fragments qui onttotalement disparu. (cf.  1Co 2:9,Eph 5:14,Jude 1:9)  Les  Douze  et
     l'apôtre Paul n'eurent pas plus que Jésus l'idée decomposer des oeuvres dignes d'être
      mises  au même  niveau  que lesécrits  bibliques.  Les  ép.  de  Paul  sont  des  lettres

     toutoccasionnelles, adressées à des lecteurs bien déterminés. Elles sonten quelque
     mesure des commentaires et des applications del'enseignement biblique,  mais ne
     veulent nullement s'égaler à l'A.T.Paul demande sans doute qu'on le lise avec la
      déférence  que l'on  doità  tout  homme  qui  s'exprime  au nom  de  Dieu,  en  qualité

     d'ambassadeurdu Christ  (2Co  5:20) --prétention  que tout chrétien authentiquea le
     droit d'émettre--mais il est le premier à confesser que saconnaissance est limitée et n'a
     rien d'infaillible (1Co 13:12);et lorsque, sur telle ou telle question, il ne peut recourir à
     uneparole formelle des Écritures ou du Christ, il se borne à donnermodestement un

     conseil ou un avis (1Co 7:25). Si quelqu'un luiavait dit qu'il était un autre Ésaïe ou un
      autre Moïse,  il  aurait  vudans ce  propos une flatterie  qui  l'eût sûrement scandalisé.
     Parmitous les charismes qu'il énumère, il ignore celui de composer desouvrages sacrés
     destinés à parachever la Bible. A l'égard de la Bible, les Juifs avaient exactement la

     mêmeattitude de soumission respectueuse  que les chrétiens, et pourtantceux-ci les
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