Page 1583 - dictionnaire westphal
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lespremiers chapitres des Actes, y compris la mort d'Etienne, lapersécution qui suivit,
et l'évangélisation de la Samarie par lesdisciples que la persécution avait dispersés,
paraissent plutôtréclamer un intervalle assez long. Le Sauveur ayant été crucifié
auprintemps de l'an 30, ce n'est qu'à la rigueur qu'on peut dater del'année suivante la
conversion de Saul le persécuteur. Pour la placeren 31, plus précisément en automne
de cette année, on s'est appuyésur un passage de l'Ascension d'Ésaïe, pseudépigraphe
dont la partiechrétienne date du II e siècle. On y lit (9:16) que le Fils del'homme
restera 545 jours (dix-huit mois) dans ce monde après sarésurrection. Irénée a
recueilli la même donnée chez les gnostiques(Adv. hoer., I, 3:2, 30:14). Suivant une
hypothèse adoptée parHarnack, cette croyance proviendrait de ce qu'il s'était
écoulédix-huit mois entre la résurrection et l'apparition à Paul, envisagéecomme la
dernière de celles du Christ ressuscité. C'est peut-êtrefaire bien de l'honneur à une
telle tradition que de lui attribuerune origine historique. Nous nous bornerons donc à
maintenir lapossibilité de la conversion en 31, tout en donnant la préférence àla
manière de compter qui retarde cet événement d'un à deux ans. Mais on invoque
souvent, en faveur d'une date plus tardiveencore, un argument tiré de l'épisode de la
fuite de Damas (Ac9:23,25,2Co 11:32 et suivant). Selon notre estimation, cet épisode,à
la suite duquel Paul vint à Jérusalem pour la première fois aprèssa conversion, se
placerait en 34 (trois ans après 31) ou mieux en 35(deux ans après 33). Mais la
mention de «l'ethnarque du roi Arétas»,dans le texte de 2 Cor., est interprétée par bien
des auteurs commeétablissant que ce roi nabatéen (Arétas IV, père de la première
femmed'Hérode Antipas) était alors en possession de la ville de Damas. Onjuge peu
vraisemblable qu'il ait pu s'en emparer de force, mais onsuppose-qu'il l'aurait reçue
amiablement de l'empereur Caligula.Ainsi l'évasion dans la corbeille serait postérieure
à la mort deTibère (37), et la conversion de Paul devrait être retardée enconséquence.
Mais il n'y a d'autre preuve de cette prétendue cessionque l'absence de l'effigie de
Caligula et de celle de Claude dans lasérie des monnaies de Damas. Preuve trop
négative pour appuyersuffisamment une telle hypothèse. Nous ignorons du reste la
natureexacte des pouvoirs que possédait ledit ethnarque, comme aussi lanature exacte
des circonstances qui ont rendu possible l'organisationdu guet-apens auquel Paul
n'échappa qu'à si grand'peine. Si l'on veutque cette affaire soit en rapport avec une
éclipse de l'autoritéromaine à Damas, pourquoi ce phénomène, d'assez peu de durée
pour queles historiens n'en disent mot, ne se serait-il pas produit à unedate antérieure
à 37? Tout ce qu'on peut conclure, au point de vuechronologique, du bref passage où
Paul évoque cette périlleuseaventure des premiers temps de son apostolat, c'est qu'elle
dated'avant la mort d'Arétas, qui survint en 40. Et cette conclusionn'est guère utile
pour nous, car nous n'avons pas besoin d'autant demarge qu'elle nous en laisse. Nous
avons parlé plus haut de la famine prédite par Agabus. C'esten 45 ou en 46 que
Barnabas et Paul ont dû venir à Jérusalem avecl'offrande fraternelle de l'Église
d'Antioche. Nombreux sont lescritiques qui nient ce voyage, le considérant comme

