Page 1582 - dictionnaire westphal
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faut  compter  les  quatorzeans après lesquels  Paul dit  être  allé  à Jérusalem

     avecBarnabas (Ga 2:1). La traduction «après» ou «au bout de»,communément admise
     ici pour la préposition dia avec le génitif,est rejetée par M. Ch. Bruston. Selon lui, Paul
     écrirait  avant leconcile  apostolique; il  voudrait dire que «pendant» les quatorze
      ansécoulés  entre  sa  première  venue à  Jérusalem  et  le  moment  où  il  écrit,il  y  est
     retourné une fois,  une seule,  à savoir  dans la  circonstancerapportée par Ac 11:30.

     Mais lorsque la même préposition, suivieaussi d'une indication numérique de durée, a
     le sens de «pendant»,«en l'espace de» (Ac 1:3,Mt 26:61), on veut parler d'une actionqui
     se poursuit ou se répète durant tout le temps indiqué, et nond'une  action qui

      tomberait  à un moment  donné de cette  période.  Lesens «après un intervalle  de»  est
     classique (Hérodote, VI, 118,«après vingt ans»); ici c'est le seul qui convienne. La vraie
     difficulté est celle-ci:  Paul compte-t-il  dix-sept ansou  seulement quatorze, entre sa
     conversion et la conférence deJérusalem? Après la phrase relative à la conversion et à
     ses suitesimmédiates (Ga 1:15  et  suivants), viennent trois «ensuite» quis'enchaînent:

     «ensuite, trois ans après, je montai àJérusalem» (Ga 1:18); «ensuite, je me rendis dans
     les régions dela Syrie et de la Cilicie» (Ga 1:21); «ensuite, au bout dequatorze ans, de
     nouveau je montai à Jérusalem» (Ga 2:1). Ledeuxième marque la succession des faits,

     mais n'entre pas dans lecompte des années. Le troisième, numériquement déterminé
     comme lepremier,  introduit le  récit  d'une nouvelle entrevue des apôtres.Cette
     indication reporte donc plus naturellement le lecteur à lamention de la première
     entrevue qu'au  point de départ del'énumération. Aussi admettrons-nous, quoique
      l'autre  manière  decompter ne puisse être  péremptoirement exclue,  que les  quatorze

     ansde Ga  2:1 ne doivent pas comprendre les  trois  ans de Ga1:18,  mais  s'y ajouter.
     Nous aurions donc 3 + 14 =17, et 48--17 =31, date de la conversion. Il convient
     cependant de remarquer quel'usage des anciens permettait de dire «après trois années»

     du momentqu'on en était à la troisième selon le calendrier, et alors mêmequ'une seule
     des trois, celle du milieu, se trouvait entière, lesdeux autres n'étant représentées que
     par des fractions. Quand ils'agit de la résurrection de notre Seigneur, dont le corps
     devaitrester dans le tombeau du vendredi soir au dimanche matin, «aprèstrois jours»
     (Mr 8:31 9:31 10:34) ne signifie pas autre choseque «le troisième jour». Ainsi, dans le

     cas qui nous occupe, la datequ'on obtient en soustrayant 17 de 48 correspond à un
     maximumpossible d'intervalle. Mais on a des chances de serrer la réalité deplus près,
     en diminuant d'une  unité, comme le font certainschronologistes, chacun  des deux

     chiffres cités par l'apôtre, encomptant donc deux ans au lieu de trois, treize au lieu de
     quatorze,et quinze en tout au lieu de dix-sept; ce qui ferait remonter laconversion de
     Paul non pas à 31 ap. J.-C, mais seulement à 33. Ni les Actes ni les épîtres ne nous
     fournissent le moyen depréciser davantage. Si l'apparition qui a converti Saul de Tarse
     estmise par saint Paul à la suite de celles qui avaient été accordées àses prédécesseurs

     dans l'apostolat (1Co 15:5,8), il n'en résultepas nécessairement qu'elle doive avoir eu
     lieu à une date trèsrapprochée de la mort du Christ. Les événements racontés dans
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