Page 1585 - dictionnaire westphal
P. 1585

passa ensuite après un arrêt à Troas,(Ac 20:18,2Co 2:12  et suivant) Paul paraît avoir

     déployé une grandeactivité,  malgré le tourment d'esprit que lui causait la
     crisecorinthienne et malgré les difficultés  que lui suscitaient commepartout les
     ennemis de son oeuvre (2Co 7:5).  Il  s'occupa de lacollecte  en faveur des saints de
     Jérusalem, à laquelle les Églises deMacédoine contribuèrent généreusement (2Co 8:1
      et  suivants).  Iltravailla  aussi parmi les païens: c'est alors,  semble-t-il,  qu'ilporta

     l'Évangile jusqu'aux confins de l'Illyrie, sinon jusqu'àl'intérieur de ce pays (Ro 15:19).
     Rejoint entre temps par Tite,qui lui apportait des nouvelles rassurantes de Corinthe
      (2Co7:6  et suivant), il l'y renvoya (2Co 8:6), probablement avec lalettre que nous

     appelons la seconde aux Corinthiens.  A la fin del'année, il  se rendit lui-même en
     Grèce, c'est-à-dire sans doute àCorinthe, et y séjourna trois mois (Ac 20:2 et suivant),
     quidoivent  correspondre à l'hiver de 55 à 56. Revenu en Macédoine, ils'embarqua à

     Néapolis, port de Philippes, «après les jours desazymes» (Ac 20:6). Si l'on était certain
      que ce  départ  eut  lieule  lendemain même  du 21 nisan,  dernier  jour  des  solennités
     pascales,on pourrait, en tenant compte des cinq jours de traversée de Néapolisà Troas,
     puis des sept jours d'arrêt dans cette  ville,  remonter àpartir  du lundi,  jour où Paul

     quitta Troas (verset 7), jusqu'au  jouroù la Pâque  avait été célébrée cette année; et
     l'astronomie pourraitintervenir pour déterminer de quelle année il s'agit, avec toutes
     lesréserves qu'appelle le  caractère peu rigoureux des observationslunaires sur
     lesquelles se fondait le comput juif. Mais rien neprouve que l'apôtre et ses compagnons

     ne se soient pas embarquésquelques jours seulement après la fin de la fête. On n'est
     pasabsolument sûr, d'ailleurs, de la façon dont les cinq et les septjours d'intervalle
      doivent  être  comptés.  Il  est  question plus loin  dela  hâte de Paul,  qui  voulait  être  à
     Jérusalem avant la Pentecôte.Cette hâte se comprend d'autant mieux si d'abord il ne

     s'était pasautrement pressé--c'est bien ce que semble indiquer son séjour
     d'unesemaine à Troas--, ou avait été retardé par les circonstances. Qu'ilsoit ou non
     arrivé à temps, son arrestation dut suivre d'assez prèsson arrivée (Ac 21:17 et suivants,
     27 et suivants). Elle seplacerait donc aux environs de la Pentecôte de l'an 56.Paul était

      prisonnier  depuis deux ans  quand le  procurateur Félixfut  remplacé  par  Festus (Ac
     24:27). Si nos estimations sontjustes, ce changement a eu lieu en 58. Mais plusieurs
     chronologistes,pour les raisons que nous allons dire, croient devoir le mettre à unedate

     antérieure, et avancer en conséquence  celle  de l'emprisonnementde Paul. Josèphe
     raconte (Ant., XX, 8:9) que Félix, rappelé àRome et accusé par les Juifs devant Néron,
     fut acquitté à cause  ducrédit dont jouissait son frère Pallas. Le retour de Félix
     auraitainsi précédé la disgrâce de Pallas, qui se produisit peu avant le 13février 55,
     jour où Britannicus devait avoir quatorze ans (Tacite, Ann., XIII, 14:15; Suétone,

     Claud.. Mais comme le règne de Néron a commencé le 13 octobre 54, on ne voit pas la
     possibilitéde faire tenir entre cette date et le milieu de février tous lesévénements qui
     se sont passés en Palestine après la mort de Claude,puis le rappel du procurateur, son

     voyage à Rome, son procès. Il fautcroire que Pallas avait gardé assez d'influence, même
   1580   1581   1582   1583   1584   1585   1586   1587   1588   1589   1590