Page 1587 - dictionnaire westphal
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cette ville qu'auprintemps de 53, soit la phase Troas-Macédoine (2Co 2:12,13,Ac20:1-
2), qui aurait commencé en 55 et rempli presque toutel'année 56. La supputation à
laquelle nous nous sommes arrêté nousparaît avoir l'avantage de ne pas trop distendre
les intervalles,sans toutefois avoir l'inconvénient de les resserrer trop.Le départ de
Paul pour Rome, décidé dès que Festus, nouvellemententré en charge, l'eut entendu
en appeler à César (Ac 25:12),eut lieu dans l'automne de la même année, qui est pour
nousl'année 58. Le jeûne de Kippour était passé quand le navire quiportait l'apôtre et
ses compagnons toucha à Beaux-Ports, sur la côteméridionale de l'île de Crète (Ac 27:8
et suivant). Les troismois de séjour à Malte après la tempête et l'échouage, puis le
voyagede Malte à Syracuse et de Syracuse à Rome (28:1,15), nous amènent àla fin de
février ou au commencement de mars de l'année 59. Et deuxans après, en 61, s'achève
le temps pendant lequel Paul fut gardé àdomicile par un soldat (Ac 28:16,30).La
tradition très ferme de l'ancienne Église est que les apôtresPierre et Paul ont subi tous
deux le martyre à Rome, sous Néron. Iln'y a aucune raison valable d'en douter, mais la
date de leur mort nepeut pas être fixée avec certitude, et quand Denys de Corinthe
(citépar Eusèbe, H.E., II, 25:8) déclare qu'ils ont rendu témoignage«dans le même
temps», on n'est pas sûr que cette simultanéité doives'entendre à la lettre.Une opinion
qui s'exprime souvent est que Paul a été condamné etexécuté au bout de ses deux ans
de captivité mitigée. Mais si lacarrière de l'apôtre s'était terminée à ce moment-là et de
cettefaçon, l'auteur des Actes l'aurait su, puisqu'il parle de ces deuxans comme d'une
période close et révolue. Et il n'aurait pu moinsfaire que d'indiquer d'un mot ce
dénouement tragique, qu'on nepouvait espérer cacher en le taisant, à supposer qu'on
en eût envie.Selon toute apparence, Luc se proposait de reprendre dans un autrelivre
son récit interrompu. On ne sait ce qui l'a empêché de donnercette suite à son
ouvrage, mais c'était une bonne manière del'amorcer que de dire brièvement comment
Paul, arrivé à Rome, y vécuten attendant l'issue de son procès. Seulement, si ce
procès--lepremier--n'avait pas abouti à un élargissement suivi d'une nouvellephase
d'activité missionnaire, il n'eût pas été raisonnable delaisser en suspens une histoire
qui allait toucher à sa fin. Lamention du voyage en Espagne, qui se trouve dans
l'épître de saintClément aux Corinthiens sous la forme d'une périphrase
d'ailleursassez claire (V, 7), puis en termes exprès dans le fragment deMuratori, ne
doit pas reposer uniquement sur le texte où Paul annonceson intention de se rendre
dans ce pays (Ro 15:24,28). Aurait-onmême conclu à tort du projet formé au projet
exécuté, il n'est guèrecroyable que cette conclusion eût pu être tirée et se faire
acceptersi l'on n'avait su que l'apôtre, libéré après une première captivité,était parti
pour de nouveaux voyages. Enfin, les épîtres pastoralesapportent en faveur de cette
libération un témoignage dont toute lavaleur ne dépend pas, quoi qu'on en dise, de la
question préalable deleur authenticité; car si ces lettres étaient l'oeuvre d'unfaussaire,
il les aurait mieux accréditées en les mettant en rapportavec des circonstances réelles
et connues qu'en leur donnant un cadrehistorique fictif.Resterait à savoir si Paul,

