Page 1725 - dictionnaire westphal
P. 1725
1Corinthiens serait formée d'un noyau paulinien et d'adjonctions très postérieures Cette
thèse, qui se confond, sur bien des points, avec celle del'inauthenticité, et qui tombe
alors sous les mêmes critiques, a étésoutenue par Voelter, et récemment par
Delafosse. Ce dernier adécouvert dans 1 Cor., comme dans Romains et ailleurs, quatre
couchessuccessives: une assise paulinienne assez mince, un étage
marcioniteimposant (vers 150) et deux étages catholiques (de 150 à 200). Soncritère
est d'un simplisme étonnant. Partout où il discerne unélément judaïque, il prononce:
messianisme, paulinisme; partout où ildistingue la tendance universaliste et le
dualisme moral, il salue:marcionisme; partout où l'Esprit est en cause, il décide:
montanisme;partout où il s'agit de rédemption ou de résurrection, il
décrète:catholicisme. Le moindre changement de ton ou la moindre incidentesont
l'indice d'une interpolation ou d'une stratification nouvelle.Aucune école critique n'a
pris au sérieux cette méthode et cetteargumentation, de pure fantaisie. B. 1Corinthiens
serait entièrement paulinienne, mais constituée par des fragments de lettres différentes
Ainsi présentée, la thèse de la non-intégrité n'a rien à faire aveccelle de
l'inauthenticité. Sous cette forme, elle associegénéralement 1 et 2Co pour y voir le
recueil, plus ou moins complexeet incohérent, de la correspondance paulinienne avec
l'Église deCorinthe (Spitta, Kabisch, J. Weiss, Clemen, Loisy). Goguel a proposéle
classement suivant: Lettre A la 1 re, cf (1Co 5:9). grouperait, dans l'ordresuivant: 2Co
6:14-7:1, 1Co 6:12,20 10:1,22; Lettre B (en réponse aux questions des
Corinthiens):1Co 5:1-6,11 7:1-8,13 10:23-14:40 15:1-58 16:1-9,12. Lettre C (écrite à
un moment où la situation de l'Église s'est aggravée): 1Co 1:10-4:21 9:1,27 16:10-11
Lettre D (la lettre sévère) mentionnée en 2Co 2:3:2Co 10:1-13:10; Lettre E (écrite alors
que la situation est rétablie): 2Co1:1-6,13 7:2-8. Lettre F (adressée aux Églises
d'Achaïe): 2Co 9:1-15 lepassage 1Co 16:15,18 rentrerait en B ou C ; le resteserait
indéterminable.L'argumentation de l'auteur se fonde principalementsur les
incohérences, réelles ou supposées, de 1 et 2Co; sa méthodeconsiste généralement à
grouper en un seul écrit ce qui a trait auxmêmes sujets; les résultats sont d'une
précision déconcertante enleur complexité. Il paraît encore préférable de tenir
certainsdéfauts de plan, certaines absences de transitions, certainesrépétitions ou
certaines digressions, pour la rançon habituelle, etqui, du reste, a ses avantages et ses
charmes, du genre épistolaire.On distingue d'ailleurs, en 1 Cor., un souci de
composition (cf. I, 1°).Il serait étrange de dénier à un auteur le droit de traiter le
mêmethème à diverses reprises, et surtout en plusieurs écrits. L'amalgamede six
lettres et de fragments indéterminés en deux épîtres qui setiennent est quelque chose
de prodigieux, dont l'hypothèse paraîtautrement onéreuse que celle de l'intégrité.III La
composition. 1. LES CIRCONSTANCES. A. La situation de l'Église, (a) Les partis
divisaient la communautécorinthienne (1Co 1:12). La question du baptême y était
sansdoute pour quelque chose,le (1Co 1:13-16) baptisé ayant unetendance à se croire
dépendant, peut-être magiquement, de celui quil'avait baptisé. Paul rappelle qu'il y a

