Page 1595 - dictionnaire westphal
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pensée des Hébreux qu'après leur contact avec les Perses.Dans le livre de Job, Satan
(l'Accusateur) est encore parmi les filsde Dieu. Mais» l'histoire des religions nous
apprend que, dans lescultes antiques de l'Orient, le serpent symbolisait partout
lapersonnalité mauvaise qui détruit le bonheur des hommes. Cela noussuffit. Dès le
retour des Juifs en Palestine par la grâce du PerseCyrus, la vérité se précise. Satan
devient l'ennemi de Dieu (Za3:1), l'infernal suggesteur (1Ch 21:1); bientôt, levant
levoile, le livre de la Sapience dira: «La mort est entrée dans lemonde parc, la jalousie
du Diable» (Sap 2:24). Et Jésus sanctionneracet enseignement lorsqu'il répondra à ses
adversaires: «Le Père dontvous êtes issus, c'est le Diable, menteur de nature et
meurtrier dèsle commencement» (Jn 8:44, cf. Ro 16:20,Ap 12:9 20:2). Aucune
littérature, dans aucun temps, n'a atteint la maîtrise quele récit de la Genèse montre
dans sa psychologie de latentation (Ge 3:1,6). Le processus, ici, est impressionnant.
LeTentateur aborde l'humanité par la femme, c-à-d. par l'être chez quile sentiment,
l'élan impulsif, l'emportent sur la raison et lapuissance d'abstraction. Il s'insinue
auprès d'elle par une questionen apparence inoffensive. Cette question éveille la
curiosité del'imprudente qui se laisse aller à lier conversation. Aussitôtqu'elle s'est
livrée, Satan coupe les ponts entre la créature et leCréateur en semant dans le coeur
de la femme un doute qui paralysel'amour filial, une suspicion qui éteint la
reconnaissance, un désirqui bientôt l'embrase toute: «une proie à saisir, l'égalité
avecDieu!» (Php 2:6). Puis il conduit la femme vers l'arbre défenduet laisse à l'attirance
du fruit le soin de consommer sa perte. Qu'ilest bon, qu'il est beau, qu'il paraît utile!
«Convoitise de la chair,convoitise des yeux, orgueil de la vie» (1Jn 2:16). Et voilà quela
créature abusée, rebroussant de Dieu vers l'animalité, s'abandonneaux trois ordres de
liberté qui rendent l'âme libertine. L'Orient a toujours été inclément pour la femme. Il
en a fait unetentatrice et une esclave. Le harem est la contradiction violente
àl'institution du mariage dans la création. Il ne faut pas oubliercela, si l'on veut
apprécier les jugements sur Eve légués parl'Orient à l'Église. Certes, Eve est coupable,
mais elle est à plaindre aussi. Ellen'a pas assisté à la défense divine; elle supporte
seule le choc del'Adversaire; au moment des aveux, elle est droite et
reconnaîthumblement qu'elle a été trompée (proprement: «mise dedans») par un
plusfort qu'elle. Adam fait moindre figure. C'est lui qui avait reçul'ordre; il cède à une
femme; puis, pour se justifier, il l'accuse:«la femme que tu m'as donnée...» Peu s'en
faut qu'il ne dise à Dieu:ne t'en prends qu'à toi-même pour le malheur qui est arrivé.
Quel contraste dans la brièveté du geste: (Ge 3:6) toucherau fruit, et l'étendue de ses
conséquences: toute l'histoire del'égarement humain jusqu'à Golgotha! C'est bien ainsi
qu'il en estsur la terre. Le point où l'on tourne n'est qu'un point, mais cepoint engage
la marche jusqu'au bout de la route. En face de l'expérience humaine, parler ici de
péché universel n'explique rien. Le philosophe Renouvier, mentionnantla chute
individuelle dont nul homme ici-bas n'est exempt, appellel'état de chaque pécheur un
état de «solidarité personnelle», et dità ce sujet: «Nos actions sont comme nos propres

