Page 1592 - dictionnaire westphal
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peuples vers lesquels sa faute l'exile. Caïnpossède une femme, il bâtit une cité...Tous
ces traits, et biend'autres encore, ne sont compatibles qu'avec une époque fort
éloignéedu premier couple humain. 2° On peut, sans tenir compte de l'enseignement
moralet religieux qui lie notre récit en un tout organique, ne faire jouerici que les
arguments de la critique littéraire et l'on aura beau jeupour découvrir, à l'aide des
malfaçons naturelles à toute compositionprimitive, de quoi découper nos textes en
plusieurs sourcesétrangères les unes aux autres: une source qui ne connaîtrait
quel'arbre de la vie (Ge 3:22), une seconde source qui neconnaîtrait que l'arbre de la
science du bien et du mal (Ge2:17), une tradition qui présenterait Caïn comme le père
del'humanité actuelle (Ge 4:1,17,24), une autre tradition qui serapporterait à un Caïn
meurtrier d'Abel mais qui ne serait pas lefils du premier homme (Ge 4:2,16), etc. Cette
dislocation dutexte de J, qui est possible mais qui ne s'impose pas, a pourconséquence
immédiate d'obscurcir l'exégèse de tout le passage aulieu de l'éclairer. Deux sources
sur trois en deviennentincompréhensibles. En outre, la suppression de l'arbre de la vie
durécit de la chute (Ge 2:9) supprime du même coup la raison pourlaquelle l'homme
perd l'immortalité que lui assurait sa filialitédivine. Enfin le verset 22 du chap. 3
devient inexplicable une foisséparé du récit de la chute (Ge 3:1-3 et suivants). Ce
verset,conclusion du récit, dit en effet que c'est la désobéissance del'homme qui l'a
privé de la voie où la vie divine lui étaitassurée.--Pour autant que nous pouvons faire
fond, vu l'état actuelde la science, sur la traduction des anciens textes sumériens et
surles hypothèses qui s'y rattachent, un vieux document (cf. Langdon, Le poème
sumérien du Paradis, du Déluge et de la Chute, 1919)établirait que, dès les traditions
les plus antiques, une solidaritédirecte était reconnue entre la faute de l'homme qui
mange le fruitdéfendu et la sanction qui le prive des sources de la vie. D'aprèsquelques
pionniers des recherches cunéiformes, cette tablettesumérienne place la chute après le
déluge et dit de l'homme sauvé deseaux, Uttu, le cultivateur du jardin, qu'il avait reçu
l'autorisationde manger du fruit de tous les arbres et de toutes les plantes; seul,un
fruit, mystérieusement lié au destin, lui était interdit, c'étaitle fruit de la plante
embaumée kasu, le cassier (voir Casse).«Mon roi (le père de l'humanité, roi de la
création) s'approcha de laplante kasu, il en cueillit, il en mangea, alors la déesse
éperdues'écria: Il ne verra plus la face de la vie jusqu'à ce qu'il meure.».Si cette
interprétation du texte se confirme, on aura ici untémoignage venant du plus lointain
passé en faveur de Ge 3:22,envisagé comme conclusion d'ensemble du récit biblique
de la chute.Mais il faut être patient et savoir résister au désir de retrouverdans la
vieille littérature suméro-akkadienne tout ce que l'A.T. nousraconte ou nous révèle sur
l'histoire des origines. 3° La 3 e attitude consiste à regarder lesimages présentées par
Ge 2-4 comme issues du fond de traditionscommun aux peuples sémitiques, peut-être
même à l'ensemble despeuples primitifs. Ces images, dont on retrouve des éléments
épars etplus ou moins défigurés dans les légendes babyloniennes et dans
lesymbolisme des monuments (arbre de vie, fruit défendu, serpent,chérubin, etc.),

