Page 1594 - dictionnaire westphal
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c'est bien à la psychologie de lavie de famille, aux rapports de parents à enfants qu'il

      faut enrevenir toujours,  si  l'on veut comprendre ce que Dieu  a voulu enplaçant
     l'homme sur la terre. Le sens familial est le principe detoute saine théologie. Quand
     Jésus dit: «Je suis le cep et vous êtes lessarments» (Jn 15), chacun sait qu'il ne parle
     pas de bois et desève, mais qu'il décrit dans une image le rapport organique et
     vivantentre ses rachetés et lui. Ainsi, quand  l'historien oriental ditqu'au  centre de

     l'Éden Dieu planta un arbre dont les fruits donnentla vie et un second dont les fruits
     donnent la connaissanceexpérimentale du bien et du mal (le mot hébreu désigne bien
     en effetune connaissance donnée par l'expérience), il ne parle pas devégétation, mais

     indique, dans une figure, les deux voies entrelesquelles l'homme, destiné à la liberté,
      devait  choisir.  Il  fallaiten  effet  que l'homme choisît,  s'il  ne voulait  pas évoluer
     fatalementici-bas «comme les bêtes» (Ps 73:22). L'arbre de la vie a sa racine en Dieu:
      Jéhovah est  le  Dieu-Vie;goûter  ses  fruits,  c'était  se  développer dans la
     communionpaternelle, être un bon fils. L'arbre de l'expérience du bien et dumal a sa

     racine en l'homme: c'est par son propre jugement, parl'impression que lui feront les
     choses, que l'homme décidera ce quiest bon ou mauvais,  profitable  ou nuisible,
     enviable ou indésirable.Dans ce choix, d'ailleurs, le Père guide son enfant, il l'avertit

      ques'il  touche au fruit  du  deuxième  arbre,  ce  sera  mortel  pour lui.  Queva  faire
     l'homme destiné à se constituer en image de Dieu,  c-à-d. àêtre ce qu'il veut être?
     Nourrira-t-il sa personnalité de lasubstance divine? Ira-t-il à l'autre arbre en suivant
     les instinctsde sa liberté naissante plutôt que l'avertissement paternel de Dieu?Livré à
     lui-même,  sans doute aurait-il  obéi...Mais  voici qu'un tiersintervient  qui, voulant

     s'imposer,  s'interpose.  D'où vient  donc ce  «serpent»  que son rôle  ne permet  pas
     deconfondre avec le troupeau des bêtes assujetties à l'homme, quel'homme vient de
     nommer et de reconnaître inférieures à lui? De quelmonde, du fond de quelle
     catastrophe fait-il monter jusqu'au jardinde Dieu le souffle empoisonné du doute et de

     la révolte? Mystère. Etvoici qui humilie notre raison, et, dès l'abord, lui rappelle
     que,suivant le mot de Shakespeare, il y a dans l'univers beaucoup plus dechoses que
     nous ignorons que de choses que nous connaissons.  Quand on voit  un penseur
     résoudre gravement le problème du mal etciter Dieu à sa barre, cela fait penser à un

      habitant  de mansardequi, ne voyant le  ciel  qu'à travers  la  fente  d'une tuile
     cassée,prétendrait juger le cours des constellations. Dieu ne nous a révéléque l'origine
     du péché et nous avons assez à faire à nous débrouilleravec cela. L'origine du péché et
     du malheur sur notre terre? Dieu avait dità l'homme-enfant, assez grand pour aimer et

     pour obéir, mais tropjeune encore pour comprendre la vie: Garde le jardin, garde-
    toicontre tout interlocuteur qui voudrait se mettre entre toi et moi! Lafaute d'Eve a été
     d'accepter; la conversation avec un inconnu qui, endes paroles flatteuses pour elle, lui
     parlait mal de son père. Dumoment qu'elle parlemente, elle est perdue. L'ingratitude

     est àl'origine de toutes les chutes. L'historien de la Genèse n'identifie pas le serpent
     avec leDiable, pour la bonne raison que le dualisme métaphysique n'est entrédans la
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