Page 1593 - dictionnaire westphal
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auraient été réunies, purifiées  de leur altérationmythologique et ordonnées sous

     l'action d'une inspiration supérieurepar l'écrivain biblique. Celui-ci les aurait mises en
     un récit  pouréclairer  les  hommes sur l'origine  de leur  race,  et  leur expliquer queles
     maux dont elle souffre, depuis la peine du laboureur jusqu'auxaffres de la mort, ne
     sont conformes ni au destin véritable de lacréature, ni aux intentions du Dieu bon,
     mais qu'ils proviennent d'undrame initial où l'homme libre a secoué la tutelle divine et

     perdupar sa désobéissance sa puissance originelle et son orientation versle bonheur.Il
     s'agit donc, si l'on veut tirer profit des révélations que nousapporte cette page antique
     sous une forme imagée et vivante,  1° de ne point séparer les divers éléments

     quel'écrivain prophétique y a groupés en vue de son enseignement, 2° de l'expliquer en
      tenant  compte  tout  ensemble  del'expérience humaine et  des moeurs  littéraires  de
     l'ancien Orientsémitique où l'on exprimait des vérités abstraites au moyen defigures,
     où l'on disait «fils»  pour «effet»,  et «fruit»  pour«conséquence», procédé qui met les
      enseignements  les  plus  profonds àla  portée  des  esprits  les  plus  humbles et  auquel

     appartiennent, dansleur divine simplicité, les paraboles de Jésus-Christ. Une fois que
     l'on a compris que l'auteur primitif  de nos récitss'est préoccupé, non  pas de nous
     raconter la biographie des quatrepremiers exemplaires de l'humanité, mais bien de

     nous exposer, en unesérie de tableaux d'une  sobriété impressionnante, les
     commencementsdes rapports religieux entre la créature et le Créateur, tout
     devientclair  et  notre pensée, au lieu  de s'achopper aux détails  matérielsdes  figures
     naïves, se sent toute saisie par la beauté révélatricedes vérités auxquelles leur trame
     légère sert d'écran. Le récit Ge 2:7-25 nous renseigne donc, non sur les faits etgestes

      d'un individu,  mais  sur les  débuts de l'humanité.  Comme  lepremier  chapitre  de  la
     Bible déploie dans une succession de huitparoles toute l'ordonnance de la création, le
      second chapitre,  parune série  de révélations,  met  devant nous les  conditions
     originellesdu destin de la créature. Il nous enseigne que Dieu a créé l'homme,et que la

     race humaine est une; que la créature, sortie des mains deDieu, a une double origine
      animale  et  spirituelle  (verset  7);  que, dece fait,  elle  domine les  animaux par ses
      capacités,  par sa noblesse,et  qu'elle a  autorité  sur eux (verset  19  et suivant);  qu'une
     aidesemblable à lui est nécessaire à l'homme, lequel doit à la femme, quine fait qu'une

     personne avec lui,  les plus grands égards (verset18,21-24);  que l'être humain a été
     créé innocent mais non parfait,puisqu'il ignore la distinction du bien et du mal (verset
      25 et  v.9);  qu'il  a  pour vocation  de  se  développer dans la  communionpaternelle  du

     Créateur et pour mission de continuer dans le jardin deDieu l'oeuvre de la création
      (verset  15).  L'impression produite par le  premier  tableau est  celle  d'uneenfance
      heureuse;  l'entrée  dans la  vie  d'un être  pour le  bonheurduquel tout  a  été  préparé,
     aurore d'une destinée qui sera normale,glorieuse,  divine dans la  mesure où elle
     s'accomplira dans laconfiance et l'obéissance par rapport au Père céleste (verset

     16,17). En somme, le bonheur de l'humanité primitive et, en un sens, lebonheur de
     Dieu lui-même, est présenté comme le bonheur d'unefamille, de la famille idéale, et
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