Page 1591 - dictionnaire westphal
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CHUTE
    Les débuts de l'humanité nous sont racontés par le plus ancienchroniqueur de la Bible
     hébraïque, l'écrivain jéhoviste J. Son récitva de Ge 2:4 à Ge 4:24. La critique moderne

     voitgénéralement dans Ge 2:4-24 un second récit de la création, quicontredit le
     premier. Mais il est aisé de remarquer que ce chapitrene reprend de la création que les
      traits  relatifs  aux conditions dela destinée  humaine: la  terre  en tant  que champ de

     culture, lebétail, les oiseaux et les animaux qui sont en rapport avec lecultivateur, que
     celui-ci rencontre dans ses champs et qu'il nomme;enfin la création de la femme qui
     vient consoler l'homme del'impression d'isolement que lui avait donnée la revue des
     êtresvivants au milieu desquels il devait cultiver et garder le jardin deDieu. Pas
     question de la formation du monde, ni des eaux, ni du ciel,ni de la lumière, ni des

      végétaux, ni des luminaires,  ni  despoissons, etc.  Les premiers  mots  de ce récit:  «Le
     jour où Jéhovahfit» disent bien ce qu'ils veulent dire; dans les détails quisuivent, il ne
     s'agit pas d'un récit, mais d'un rappel de lacréation. Nous pensons que le récit de la

     création elle-même était,dans le texte de J, la création en huit paroles adapté plus tard
     parP au cadre de la semaine. Ge 2:4-3:24, qui va raconter commentl'homme a désobéi
     et s'est séparé de Dieu, ouvre son récit par lesfaits qui nous renseignent sur tout ce
     que le Créateur, après avoirtiré le monde du chaos (voir Cosmogonie et Création), avait
     fait  pourl'installation  et pour le  bonheur de sa créature,  acquérant ainsi,par  les

     services rendus, le droit moral de commander à l'homme libre.Cette introduction est
     admirablement composée pour nous fairecomprendre de quelle nature a été la faute de
     l'humanité-enfant. Toutse tient  dans ces deux chapitres, dont l'enseignement à

     caractèrehautement prophétique ne pourrait être supprimé de la Bible sansdécentrer
      toute  la  doctrine  de  l'A.T.  et  du N.T.  On  peut  prendre vis-à-vis  du  récit  de  J  trois
     attitudesdifférentes: 1° Le considérer comme un récit historique qui doitêtre pris à la
     lettre,  et tenir Adam, Eve, Caïn et Abel pour lesquatre premiers exemplaires de
      l'humanité.  La  difficulté  de  cetteattitude  saute  aux yeux.  Pouvons-nous nous

     représenter Jéhovahplantant  un jardin et s'y promenant de façon à faire du bruit
     avecses pas? Les fruits d'un arbre réel pourraient-ils donner laconnaissance du bien et
     du mal?  Pouvons-nous prêter  au serpentnaturel, compris  parmi  les  animaux des
     champs dont ce même récit nousdit que l'homme les nomme et les domine sans en

     trouver un qui puisses'associer à sa vie morale et pensante, les suggestions infernales
     oùil révèle  sa supériorité  par rapport à l'homme innocent qu'il trompeet qu'il perd?
     Comment ne pas reconnaître enfin que, si Caïn et Abeldoivent être considérés comme
     les fils  terrestres du premier couplehumain, ils nous sont présentés dans des

     conditions qui contredisenttout ce que nous savons des origines de l'humanité? Les
     récits quinous en parlent supposent, en effet, la distinction entre la vieagricole et la vie
      pastorale,  nous présentent un culte  où lesoffrandes  de céréales  et  les  sacrifices
     d'animaux étaient déjàséparés. Ils  connaissent la loi  qui veut que le sang répandu

     soitvengé par le sang. Ils mettent en scène un meurtrier qui trembled'être tué par les
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