Page 1384 - dictionnaire westphal
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meilleureexplication,  proposée en 1771 par le pasteur hanovrien Jacobi, a

     étédéveloppée par Ewald en 1826 (voir aussi ses Poètes de l'A.T., 1867). Voici, d'après
      lui,  le  sujet  du poème.  Une belle jeune fille  de Sulem (c-à-d.  Sunem, aujourd'hui
     Soulem, à environ 9 km. au Nord de Jizréel), surprise par Salomonqui voyageait dans
     le nord du pays, a été amenée au harem (Ca1:4), où les femmes chantent les louanges
     du maître.  Le roi fait  degrands efforts  pour gagner son coeur (Ca  1:9  et suivants),

     maiselle reste fidèle à son berger (Ca 1:7 et suivants), qui finitpar se montrer et obtient
     la permission de la ramener à Sulem (Ca8:6 et suivants). Ce poème célébrerait donc le

     triomphe de l'amourfidèle, «fort comme la mort» (Ca 8:6 et suivant). Ce point de vue a été
      repris  par Renan dans son étude sur le  Cantique des  Cantiques  (1860) et  par Ch.
     Bruston (LaSulamite, Paris, 2 e éd. 1894), sans parler de critiques tels queDillmann et
     Driver. Bruston distingue cinq actes dans le poème. Le1 er (Ca 1-2:7) peint la ferme

     attitude de la Sulamite, qui,en réponse aux compliments de Salomon, fait en termes
     des pluspoétiques l'éloge de son bien-aimé. Après le départ du roi, elleraconte à ses
     compagnes (2e acte, Ca 2:8-3:5) une visite queson berger lui a faite et un rêve dont il a
     été le héros. Le 3eacte (Ca 3:6-5:1) raconte le mariage du monarque avec uneprincesse

     étrangère. Au 4 e acte (Ca 5:2-8:4), la Sulamitecélèbre son berger, sans se laisser
     émouvoir par de nouveauxcompliments de Salomon. Rendue à la liberté, elle retourne
     à Sulem,«appuyée sur son bien-aimé» (5e acte, Ca 8:5-14). Cet essai d'explication, si
      ingénieux qu'il  soit,  est  trèscontestable.  Remarquons,  avec  le  critique  allemand

     Siegfried,  quecette interprétation  dramatique est peu naturelle  et  ne répond guèreà
     l'histoire, car il semble que les Hébreux n'aient pas cultivé cegenre. On peut s'étonner
     qu'aucune indication de scènes ou depersonnages ne vienne, dans le Cantique, guider
     les acteurs oules simples lecteurs. Celles  qu'on  a proposées, d'ailleurs, sont

     trèsvariées, comme Ed. Reuss l'a montré dans un tableau synoptique de sixcolonnes
     (La Bible: Poésie lyrique, le Cantique, 1879, p. 23-42).Le moins qu'on puisse dire, c'est
     que l'élément subjectif  joue ungrand rôle dans les divers essais de solution
      dramatique.  Frappés de ces difficultés,  divers  savants sont revenus àl'hypothèse de

     Richard Simon, celle des chants d'amour. Ils sont, ditReuss, l'oeuvre d'un poète qui a
     voulu peindre sa passion. Il parleseul: le langage qu'il prête à sa bien-aimée n'est
     qu'un procédélittéraire analogue à celui du poète Horace conversant avec Lydie (Odes,
      III,  9).  Il  n'a pas de rival,  pas même  Salomon, «ce  loupravisseur de l'opérette»;  il  se

     borne à le mentionner sans luiattribuer de rôle précis. Dans ce poème, conclut Reuss,
     il n'y  a niacte ni action.  Ce  point de vue a l'avantage d'être confirmé  par certains
     traitsde l'Orient contemporain, riche en pièces lyriques, l'Arabie surtout,qui les appelle
     des divans (recueils). On les chante enparticulier pendant les fêtes nuptiales. Une vive
     lumière a été jetéesur ces coutumes en 1873, par les observations de

     Wetzstein,arabisant distingué, longtemps consul de Prusse à Damas.  En
     Syrie,pendant les sept jours de réjouissances matrimoniales, l'époux etl'épouse sont
     qualifiés de roi et de reine et traités comme tels, etleurs mérites célébrés par des
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