Page 1385 - dictionnaire westphal
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chants spéciaux.  Dans  la  suppositiontrès  plausible  que ces  usages fussent  déjà  en

     vigueur avant l'èrechrétienne, le Cantique trouverait ainsi son explication, au diredu
     commentateur allemand K. Budde (Le Cantique, 1898), qui croity discerner vingt-trois
     poèmes.  Les titres  de roi et  de reine donnésaux mariés  auraient un sens
     conventionnel. L'époux  y est comparé àSalomon qui, aux yeux des Orientaux,
     incarnait le prestige royal.L'épouse, de son côté, est appelée «la Sulamite», par allusion

     sansdoute à une femme célèbre par sa beauté (1Ro 1:3-15), Abisag laSunamite. Tous
     ces chants ont dû former  le répertoire de quelquemusicien de profession.  Cette
     séduisante hypothèse a été confirmée, en 1901, par lapublication du Paloestinischer

     Diwan  de G.  Dalman,  qui  donne sixchants nuptiaux modernes de Syrie  très
     semblables au Cantique.  Deleur  côté, Lyall et W.  M.  Muller  ont édité des chants
     parallèles,exécutés autrefois en Arabie et en Egypte. L'hypothèse, admise parBertholet
     (Hist. Civ. Isr., p. 214), a été vigoureusementcritiquée par le savant orientaliste français
     R. Dussaud (LeCantique des Cantiques, Paris 1919). Il allègue que les anciensrabbins

     n'ont jamais parlé de cette interprétation, et que, en fait,dans notre livre, le titre de
     «reine» n'est jamais appliqué à labien-aimée. Il en revient à l'idée de chants d'amour
     détachés. Il endistingue quatre, séparés à l'origine, puis juxtaposés ou entremêlésau

     cours de l'ouvrage. Il y a d'abord le «poème du roi», monarqueréel recevant une jeune
      fille  dans son, harem.  Ce  chant, qui  sereconnaît à  la  mention  de Salomon et  de la
     Sulamite et àl'intervention des femmes, a été dispersé dans le Cantique, mais onpeut
     le reconstituer à peu près. Quant aux trois autres poèmes, ceuxdu berger, analogues
     avec de légères différences, ils auraient étéinsérés à la suite l'un de l'autre. Cette

     interprétation n'expliquepas, selon la remarque du professeur A. Lods, «à quel mobile a
     obéile rédacteur en dispersant le poème du roi au milieu des autrespièces» (RHR, nov.-
    déc. 1920). Ce savant «incline à croire qu'unepartie au moins des poésies du Cantique
     étaient des chants nuptiaux,les autres de simples poèmes d'amour, qui ont, du reste,

     pu êtreexécutés aussi dans les festins de noces». En particulier, il luisemble difficile de
     contester que le cortège décrit Ca 3:6,11,où le roi apparaît ceint d'une couronne de
      noces, soit  un cortègenuptial.  En définitive,  l'hypothèse des chants nuptiaux, qui a
     l'avantagede donner un cadre à ces poésies, celui d'un  événement de familleaussi

     important que le  mariage,  semble expliquer mieux que touteautre l'origine  de cet
     énigmatique poème, surtout si l'on admet, avecun arabisant très érudit, Ed. Montet,
     que son caractère licencieux aété exagéré et qu'il contient simplement «des expressions
      et  desimages  d'un goût  risqué,  mais  conformes  aux procédés littéraires  del'Orient

     sémitique en matière de chants d'amour». La date du Cantique est difficile à préciser.
     La présencedans le texte hébreu de termes empruntés au grec a poussé lescritiques à
     songer aux temps de la domination hellénique, fondée surles victoires d'Alexandre le
     Grand (donc au III e ou au IV e siècle).Le théâtre de ces scènes d'amour paraît avoir

     été la Judée, comme lesuggère la mention des «filles  de Jérusalem». L'auteur  est
     inconnu,comme le sont d'ordinaire les poètes qui composent les chantspopulaires. Sa
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