Page 1366 - dictionnaire westphal
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même pour les livres historiques etprophétiques. Nous voyons encore des preuves de

     ce fait, d'une part dans leDécalogue et le Livre de l'Alliance (Ex 20, Ex 21 Ex 22 Ex 23),
     enchâssésdans le Pentateuque, d'autre part dans le chant de Débora (Jug5); ce dernier
     est une ballade de guerre, mais aussi un hymnereligieux: son but est indiqué par le
     verset 11: «célèbrent lesbienfaits de l'Éternel»; et sans aucun doute, cet hymne est le
     plusremarquable parmi bien d'autres semblables. Au surplus nous trouvonsplus d'une

     allusion à deux collections de chants analogues: l'une estle livre du Yachar (Jos 10:12
      et  suivant, 2Sa 1:18) ou duJuste (voir  ce mot),  qui semble avoir été un recueil de
     poèmesrelatant les exploits ou la vie de quelques-uns des grands hommes destemps

     anciens; l'autre est le «Livre des guerres de Jéhovah», dontnous possédons un court
     extrait dans No 21:14. Telle était lalittérature primitive dans laquelle Israël put faire
     un choix, quandle temps fut venu de choisir.  Il  est évident aussi que des
     documentsimportants étaient soigneusement conservés (De 31:26,1Sa 10:25),tout
     comme plus tard on garda précieusement les Proverbes (cf. Pr25:1) et les prophéties.

     Zacharie, par exemple, parle nettement des«premiers prophètes», c'est-à-dire de ceux
     d'avant l'exil (Za 1:47:7-12); et le livre des Rois est rempli d'allusions à deshistoires,
     depuis longtemps disparues, des rois d'Israël et de Juda. Il est incontestable que la

     Thora, c'est-à-dire le Pentateuque,fut la première partie de l'A.T. qui reçut la
     canonicité. Les Juifsla regardaient comme le Saint des saints, et elle fut traduite
     engrec avant le reste de l'A.T. Toutefois, la Thora se compose dedifférents éléments,
     soit historiques, soit relatifs  aux lois,  etcertains d'entre eux devinrent, pourrait-on
     dire, canoniques de faitavant les autres. Le premier pas dans la direction d'une

     canonicitédéfinitive  de la Thora est représenté, en 621 av. J.-C,  parl'acceptation
     publique du Deutéronome comme loi religieuse de la vienationale. En cette année-là,
     un livre  fut découvert qui est désignénon seulement comme le Livre de la Loi (2Ro

     22:8),  mais comme leLivre  de l'Alliance  (2Ro 23:2) et que la plupart des
      critiquesmodernes supposent être  le  livre  du Deutéronome (voir  ce  mot),sûrement
     dans une forme plus abrégée que celle que nous possédons. Ilest inutile d'entrer ici
      dans les  raisons qui  militent  en  faveur  decette  opinion;  il  suffit  de  constater  que la
     réformation de Josiassemble avoir été fondée, point par point, sur ce livre. Pour nous,

     lefait important c'est que le peuple s'engagea à obéir de tout soncoeur aux préceptes
     du Livre (2Ro 23:3). On peut donc affirmerqu'à ce moment, dans l'Église juive, l'idée de
      canonicité  était  née.Les  mots  d' «Église»  et  de  «canonicité»  peuvent sans doute

     paraîtrepeu appropriés; mais ce que nous voulons établir, c'est que les vraisadorateurs
     de Jéhovah se sont placés eux-mêmes, de façon positive etsolennelle, dans l'obligation
     de se conformer aux ordonnances d'unlivre. Par cet acte, le principe de canonicité est
     implicitementétabli.  Le peuple avait fait le premier pas pour devenir «le peupledu
     Livre», et il l'avait fait parce que le Livre faisait appel à saconscience, et qu'en ce Livre il

     voyait la Parole de Dieu. C'est, comme nous l'avons vu, dans l'esprit du Deutéronome
     quefut rédigée durant l'exil l'histoire comprise entre les premierstemps des Juges et la
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