Page 1802 - dictionnaire westphal
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Écritures jusqu'au siècle où nous sommes, le peuple de Dieun'a eu qu'à se louer de la
saine critique, car c'est elle qui asélectionné les textes de la Bible, étudié ses langues,
traduit sesoriginaux, fixé son histoire, défendu ses pages contre les erreurs
del'ignorance et les écarts de la superstition. Ce qui a fait la forcede la Réforme au XVI
e siècle, c'est que ses chefs ont compté parmiles critiques bibliques les plus
compétents et les plus indépendantsde leur époque; ils se sont imposés par leur
science autant que parleur foi. Ce qui a fait la faiblesse du Réveil au XIX e siècle,
c'estque sa théorie théopneustique a paralysé dans son sein l'étude de lacritique
biblique, laquelle s'est poursuivie en dehors de lui et laplupart du temps par des
hommes qui ne se souciaient guère deslumières de la révélation. Est-ce dire que la
science et la foi sonten contradiction? Nullement. Mais bien plutôt que le manque de
foi enla science a diminué d'autant le crédit de la révélation. Il n'y a pas à proprement
parler de critique négative et decritique positive. Il y a des négateurs et des croyants
qui font dela critique. Si son labeur est savant et probe, le critique incroyantpeut, dans
des questions de philologie, d'archéologie et d'histoire,rendre à l'Église les plus
éminents services; s'il commet des erreursou s'il s'aventure, par la critique interne,
dans les questions defoi qui ne sont pas de sa compétence, c'est au critique croyant à
luidémontrer qu'il se trompe, et à le reconduire aux frontières que lascience n'a pas à
franchir. On voit par là à quel point les milieuxcroyants ont intérêt à encourager chez
leurs docteurs l'étude de lacritique biblique et combien les hommes qui emploient
leurs talents àdénigrer la critique, d'où qu'elle vienne et qui que ce soit qui lapratique,
rendent à l'Église un mauvais service. Voulant la protéger,en réalité ils la désarment.
La vanité de leur effort se montred'ailleurs en ceci que la Bible dont ils se servent pour
condamner lacritique est elle-même toute pleine des bienfaits de celle-ci. Queveulent
dire, en effet, nos Sociétés Bibliques quand elles nousannoncent une nouvelle révision
de la Bible, sinon qu'elles seproposent de mettre une fois de plus à contribution la
science descritiques bibliques pour donner aux Églises une édition des
deuxTestaments plus conforme à la vérité? Nous ne saurions mieux conclure qu'en
rappelant ici les parolesprononcées à Belfast par le professeur Lucien Gautier qui fut,
dansnotre génération, un des apôtres les plus authentiques de la vérité,tant par son
indépendance critique que par sa fidélité de chrétien:«Il y a deux manières de
comprendre la critique et de la pratiquer.Il y a une critique avant tout désireuse de
trouver des défauts, desinexactitudes, des inconséquences, des contradictions,
désireuse dedécouvrir des faits nouveaux, de faire des trouvailles imprévues,désireuse
de se mettre en désaccord avec les idées reçues. Cettecritique est hostile, dénigrante;
aucun livre ne mérite moins que laBible d'être l'objet d'une critique comme celle-là 1
Malheureusementla Bible n'y a pas échappé. Elle a eu, elle a encore, des
adversairespassionnés, tout comme elle a des amis et des admirateursenthousiastes.
«L'autre critique, la vraie, la bonne, n'est pas avant toutpréoccupée de trouver des
défectuosités et des lacunes, non plus quede se mettre en contradiction avec les

