Page 1801 - dictionnaire westphal
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rejeter la critique biblique, il faut leurrappeler une fois de plus que leur méthode de
connaissance estpurement «aprio-ristique» et qu'elle consiste «à tirer sesconclusions,
non pas des faits soigneusement et impartialementobservés, mais des prémisses,
toutes respectables d'ailleurs, qu'onporte en soi-même: axiomes de sa propre raison,
besoins de son âme ouvoeux de son coeur. On dira donc: Dieu n'a pas pu nous laisser
sansun canon clos et fermé depuis dix-huit siècles; donc toutes lesparties de l'Ecriture
sainte sont authentiques et égalementcanoniques! Dieu n'a pas pu exposer son Église
à l'erreur; donc tousles termes de la révélation ont été dictés aux auteurs sacrés par
leSaint-Esprit. Or, cette méthode est la même que celle qui sert àl'Église catholique à
établir sa propre autorité et l'infaillibilitédu pape. L'Église avait besoin d'une autorité
visible, infaillible;donc Dieu la lui a donnée! Qu'on me permette ici de soumettre à
nosfrères, laïques ou ecclésiastiques, amateurs des autorités toutesfaites, un
rapprochement qui m'a été suggéré par les récents débats.S'il y a trois documents
dans l'Écriture dont nous eussions puattendre a priori qu'ils nous seraient conservés
sans altérationet sans incertitude, ce sont les formules du Décalogue, de
l'Oraisondominicale et de l'institution de la sainte Cène. Or, toutes trois seprésentent à
nous avec des variantes plus ou moins graves. Le textedu Décalogue, d'après le
Deutéronome, diffère sensiblement de celuide l'Exode; la troisième demande de
l'Oraison dominicale manque dansle texte de Luc, et chacun sait qu'on a assez de mal
à harmoniser lesformules de la Cène d'après Matthieu et Marc d'un côté, d'après Lucet
Paul de l'autre, et que, dans l'intérieur de chacun de ces deuxgroupes, se montrent de
nouvelles divergences. Ce simple fait, ajoutéà la présence des soixante mille variantes
du texte du N.T., nedoit-il pas nous avertir que notre désir naturel de posséder
enmatière de doctrine une lettre infaillible, encastrée dans un canondit providentiel,
pourrait bien n'être pas d'accord avec l'intentionprovidentielle?» (Gretillat.)L'Église et la
critique.Dire: si vous touchez à un seul verset, vous ruinerez toutel'autorité de la
Bible; dire: si vous ébranlez une seule pierre,toute la maison s'écroulera, c'est
témoigner, dans un cas comme dansl'autre, que l'on manque de confiance dans la
solidité de laconstruction. Il est certain qu'on peut rencontrer des savants qui
seservent de la critique biblique pour faire oeuvre de démolisseurs;l'Église doit s'en
affliger. Mais de quoi s'alarmerait-elle? Toutecritique biblique qui part d'un a priori--a
priori deconservatisme, de rationalisme ou d'obéissance à un mot
d'ordreecclésiastique--porte en elle le principe de sa propre dissolution.Le chemin de la
critique biblique est tout jonché des débrisd'hypothèses mal contrôlées ou de théories
subjectives qui, `pour nepas s'être maintenues dans la voie de l'objectivité, se sont
heurtéesles unes contre les autres, réfutées les unes les autres etfinalement sont
tombées au choc de la réalité; tandis que la scienceobjective et désintéressée a
continué au milieu des obstacles àmarcher victorieusement, marquant de façon
continue le progrès versla vérité. Depuis le jour où la main des docteurs a commencé
derassembler les manuscrits qui devaient entrer dans la composition dessaintes

