Page 1807 - dictionnaire westphal
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CROIX
1. L'objet.Le mot croix est inconnu dans l'A.T.: 2Sa 21:6,9 décritcertainement un
supplice différent (la trad. Ost. est donc erronée).Mais le mot est fréquent dans le N.T.
Il traduit (comme crux dela Vulgate) le grec stauros, qui signifie d'abord pieu
(élémentde palissade ou de fortification), pal (instrument de suppliceemployé par
Assyriens, Perses, Carthaginois, Égyptiens), ou encorepoteau auquel était attaché ou
suspendu le supplicié jusqu'à ce quemort s'ensuivît. Ce pal et ce poteau sont nommés
en latin cruxsimplex. Les Grecs et les Romains qui employèrent ce mode desupplice
modifièrent de bonne heure l'aspect du poteau en lesurmontant d'une traverse. C'est
la crux commissa, en forme de T.La forme généralement connue (la croix) est la crux
imniissa desRomains ou croix latine. Il est probable que la croix de Jésus avaitcette
dernière forme, portant au sommet l'inscription (voir ce mot).Quant à la crux
decussata ou croix de Saint-André (X), ellen'apparaît dans les textes que beaucoup
plus tard que le N.T.(voirAndré). La partie verticale (staticulum) de la croix, fort
poteaude moins de 3 m. de haut, était ordinairement implantée en permanencesur le
lieu des supplices, hors des murs de la ville. La partiehorizontale (patibulum) était une
lourde poutre que le suppliciédevait, le plus souvent, porter lui-même et que les
bourreauxmettaient en place. Une cheville de bois (sedile, ou cornu) était disposée au
milieu du poteau vertical pour supporter lecrucifié, entre les jambes; peut-être y avait-
il quelques fois unautre support pour les pieds, à un demi-mètre du sol
(voirCrucifiement). 2. Le symbole.Les évangile mentionnent trois circonstances où
Jésus parle de lacroix que le disciple doit prendre et porter et, au moins deux fois,en
termes tels que le symbole n'a de valeur que si le Maître prévoitpour lui-même la
réalité du supplice de la croix. 1° Mt 10:38. «Celui qui ne prend pas sa croixn'est pas
digne de moi.» Cette parole de Jésus est placée dans lecours de ses exhortations aux
Douze au moment où il les envoie enmission temporaire. Depuis la domination
romaine les Juifs étaientfamiliarisés avec le crucifiement (d'après Josèphe, des
Galiléensavaient été crucifiés en masse à la suite de la révolte de Judas leGaulonite);
on pourrait donc à la rigueur admettre qu'ici le symboleest indépendant du supplice
du Maître lui-même. Prendre (grec lambaneïn) sa croix désigne ici le premier geste de
l'homme quifait le sacrifice entier de sa vie; le moment où le condamné saisit,pour s'en
charger, le patibulum de sa croix, est le momentdécisif: dès lors l'homme n'appartient
plus qu'à sa croix, qu'à lamort. 2° Mr 8:34,Mt 16:24,Lu 9:23. Ici il ne s'agitplus
seulement des conditions imposées à l'apôtre, au prédicateur del'Évangile, mais de
l'obligation qui attache la vie de tout disciplede Jésus à son Maître. Jésus sera mis à
mort, il vient de le prédireet de rétorquer les protestations de Simon Pierre et il
ajoute,«parlant à tous» (Luc): «Si quelqu'un veut venir après moi, qu'ilrenonce à lui-
même, qu'il se charge (grec aïreïn) de sa croix etqu'il me suive». L'allusion à la forme du
supplice que Jésus endureraest évidente. L'évocation du cortège des disciples se
chargeant de lacroix est claire aussi. Jésus tient ce propos vers la fin de sa vie,aussitôt

