Page 1800 - dictionnaire westphal
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temps et leur milieu uneindépendance critique qui fraye la voie à J. Morin (1633), L.

     Cappel(1650), Richard Simon (1678), J. Le Clerc (1685 et 1693). Voir
     Bible(Commentaires  sur la).  Nous voici  déjà fort avant dans laRenaissance. Avec
      Reuchlin (1506),  Érasme (Mort  en 1536),  les  grandsdocteurs de la  Réforme  dont
     Luther fut le plus hardi, la critiquebiblique est sortie du domaine de l'exception pour
     devenir une desbranches  du savoir des temps modernes. Michaelis (1750),

     Astruc(1753),  Ilgen  (1798),  Eichhorn (1804),  dont les  écrits  mentionnentpour la
     première fois la formule: haute critique, appliquent àl'étude de la Bible  la méthode
     historique avec la perspicacitéd'intuitions géniales, jusqu'au  jour où de Wette vint

     (1806-1845), leMalherbe de cet ordre de littérature.Les droits de la critique biblique.
     Ce n'est point ici le lieu de raconter l'histoire de la critiquebiblique, depuis le moment
     où elle a été en possession de sa méthodescientifique jusqu'à nos jours. Si nous avons
     rappelé ses originesc'est pour montrer que ses droits ont été établis par l'histoireavant
     même que la Réforme eût fait de la Bible l'autorité souveraineen matière de foi. Les

     protestants qui refusent ses droits à lacritique au nom de l'autorité divine de la Bible
     commettent uneerreur très préjudiciable à la Bible elle-même: ils identifient lessaintes
     Écritures avec la révélation,  le contenant avec le contenu,le vase de terre avec le

     trésor. C'est la même erreur que commettentles savants radicaux qui, comme Frédéric
     Delitzsch,  ont rompu avecl'idée de révélation à cause du caractère humain que la
     Bibleprésente.  «Delitzsch  aurait dû savoir  que, depuis Schleier-macher etsurtout
      depuis Rothe,  il  a  pénétré  au sein  de  la  théologie  une toutautre  conception qui
      n'accepte plus  cette  identification,  mais  quimaintient  d'autant plus  fermement  la

     conviction que Dieu  s'estmanifesté  d'une manière spéciale  dans les  grands faits  de
     l'histoireet  dans les grands esprits  de son peuple...Depuis  quand l'histoire  etla
     révélation sont-elles deux termes qui s'excluent l'un l'autre? LeDieu de l'histoire qui
     dans la suppression de peuples dégénérés etdans la fondation de nouveaux empires se

     révèle comme le juge desmondes, n'est-il pas le même qui vit dans l'histoire d'Israël et
     dansla bouche des témoins? Dieu est vie, la vie la plus haute et la plusparfaite. Et sa
     révélation n'est autre chose que son action dans lavie et dans les faits. Et parce qu'il
      avait  des desseins  particuliersà  l'égard d'Israël,  son.  action  et  son influence  dans

     l'histoire  dece peuple, c'est-à-dire sa révélation,  y sont particulièrementsaisissables»
     (R. Kittel, cit. A. Baumgartner). «En Israël, unfacteur nouveau, d'une nature unique,
     est entré en jeu; il a créé,dans le cadre et dans les limites de l'histoire d'un peuple,
     lecommencement d'une histoire divine et humaine...C'est la Bible,document de cette

     histoire divine et humaine, et non pas Babylone,encore moins l'idée que la philosophie
     moderne de la nature se faitdu monde, qui nous fournit le fondement solide sur lequel
     nouspouvons vivre et mourir» (OEttli). Il appert de ces sages paroles,écrites par des
     critiques croyants, que mieux on étudiera avec toutesles lumières  de la science le

     document de la révélation, mieux onsera à même de comprendre la révélation elle-
    même.  Quant aux croyants que cette  même  identification:  Bible=révélation,  amène à
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