Page 1799 - dictionnaire westphal
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combien se trompent et combien égarent leurs lecteurs lesadversaires de la science

     critique qui dénaturent le sens des motshaute critique et les présentent comme une
     invention orgueilleuse desdémolisseurs de la Bible. «La haute critique (sans majuscule)
     n'estl'apanage exclusif d'aucune école de théologie et il est abusif dedonner à ce terme
     une signification de tendance ou de parti.»  (L.Gautier.)Origines  de la  critique
     biblique.De  fait,  l'histoire  de notre Bible  se confond avec l'histoire  de lacritique.  La

     critique biblique, sous une forme bien sommaire il estvrai, et bien mélangée d'éléments
      étrangers  à  la  science,  a  commencéavec le  travail  des  rabbins  qui  constituèrent
     laborieusement lerecueil  de l'Ancien Testament.  Elle  s'est poursuivie dans les

      débatsdes Pères de l'Église  qui fixèrent  le  canon du N.T.  Que derecherches, que de
     savantes discussions, que de livres refusés parles uns, acceptés par les autres avant
      l'établissement  d'unconsensus,  où tous les  savants,  d'ailleurs,  ne trouvèrent pas
     leurcompte! L'Ancien Testament dont se servaient les premiers chrétiens,celui d'après
     lequel sont faites  la plupart des citations  dans leNouveau Testament, n'était pas la

     Bible hébraïque mais la Biblegrecque des Septante, version composée par de savants
     critiquesjuifs établis en Egypte (voir Texte du N.T., manuscrits et édit.).Bien des siècles
     plus tard,  d'autres savants critiques  juifs,  lesMassorètes,  fixèrent  le  texte  hébreu

     définitif;  les  très nombreusesdivergences entre l'A.T. grec et l'A.T. hébreu (p.  ex. le
     texte deJérémie a près de 3.000 mots de moins dans la Bible des LXX que dansla Bible
     des Massorètes) montrent combien fut considérable pourl'établissement du contenu de
     notre Bible  le  travail  humain,l'appréciation scientifique,  la critique  dans son
     applicationrudimentaire. Les travaux grammaticaux et philologiques de Jérôme(Mort

      en 381) font  de lui  le  vrai  patron de la  critique  textuelle  oubasse critique,  tant  par
      l'étendue de  son savoir  que  par  le  couragequ'il mit  à  composer  sa  version  latine  de
     l'A.T. directement d'aprèsl'hébreu, malgré les persécutions que cette audace lui valut
     et lesaccusations d'hérésie, qui lui vinrent même d'Augustin. Les étudesqu'il avait si

     bien lancées ne furent guère reprises qu'à laRenaissance. Quant à la critique
     supérieure, ou haute critique,  elle  apparaîtdès le II  e siècle  dans la célèbre école
     d'Alexandrie: Denysd'Alexandrie, qui fit  des objections critiques à l'attribution
     del'Apocalypse et du 4 e évangile au même auteur; Clément d'Alexandrie,qui distingue

     «la loi donnée par Moïse» et le Pentateuque auquel ildonne Esdras pour auteur; son
     disciple Origène discute à propos del'auteur de l'épître aux Hébreux; Diodore (Mort en
     394) se prononceavec  beaucoup  d'indépendance  sur les livres historiques de
      l'A.T.;Théodoret  (Mort  vers  458) affirme  qu'Esdras a mis  du sien  dans leslivres  du

      Pentateuque;  Procope de  Gaza  (vers  520)  soutient  que lelivre  des  Rois  n'est qu'une
      compilation  de  documents  antérieurs,  etc.Au  Moyen âge,  les  maîtres  de  la  science
     rabbinique entrent aussi dansla haute critique.  Le savant espagnol Don Joseph se
     montre fortsceptique à l'égard des généalogies des Chroniques; Lévi Ben

     Gerson,écrivant sur ces mêmes livres, n'avance rien sans un «peut-être»;Aben Esra (f
     1165), Isaac Abrabanel (Mort en 1509), gloires de lascience juive, montrent pour leur
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