Page 1702 - dictionnaire westphal
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l'appelle  au contraire en ce sensque, voulant l'homme intégral  et souffrant de sa

     misère, il met à sonservice comme deux facteurs complémentaires, l'ordre de la nature
     etl'ordre de la grâce. Mais l'humanisme de la réalité, l'humanismehistorique n'est point
     cela. Dans l'humanisme historique, l'homme secherche, mais se cherche en dehors de
     Dieu, pour lui-même, parlui-même, avec une foi dans ses moyens et un orgueil de sa
     force quirend Dieu inutile, qui proprement l'exclut, et qui s'irrite de touterévélation

     humiliante prêchée de la part de Dieu; or, de toutes lesrévélations la plus humiliante
     est bien celle qui dévoile à l'hommela corruption de sa nature et la nécessité de sa
     conversion. Après avoir cité Calvin et Vinet, donnons ici la parole à unécrivain qui vit

     au milieu  des jeunes de notre génération, lesconnaît et les comprend: «L'idéal
     humaniste, dit-il, est le plusgrand rival du christianisme. L'humanisme prétend que
     l'homme nedépasse pas l'homme, que l'homme n'est rien qu'homme. Lechristianisme
     dit que l'homme est une créature, qu'il est lié à Dieu,et qu'il est pécheur, en révolte
     contre Dieu...L'humanisme veut quel'homme s'exprime, que sa vie soit une expansion

     de ce qu'il possèdedéjà. Le christianisme  veut que l'homme se convertisse  et  qu'il
      selaisse conduire par un Dieu  souverain. C'est  pourquoi on ne peutplacer le
     christianisme dans un nouvel humanisme. Si on le faisait,on mettrait de la dynamite

     dans son humanisme. Un vrai christianismedevrait montrer bientôt que l'humanisme
     se fait une idée fausse de laréalité humaine. Une des grandes raisons de la décadence
     del'humanisme moderne, c'est qu'on commence à découvrir que «le mondemoderne a
     besoin d'une vérité transcendante», mot que M. Julien Bendaplace à la première page
     de sa Trahison des Clercs. Cette véritétranscendante ne pourrait être un élément qu'on

     ajoute à sonhumanisme. Il  faut la mettre  tellement  au centre, qu'il ne soit
      plusquestion d'humanisme, mais  plutôt  de christianisme.  Ce  christianismen'est  pas
     l'expérience de quelques-uns. C'est l'expérience pourlaquelle chaque homme est né. Ce
     christianisme peut se servir deshumanités, comme il peut se servir de tout instrument

     humain. Mais  ilne  confondra pas l'instrument avec le  but. Toutes choses sont à
      l'homme,  mais  l'homme est  à Christ.»  Onretrouvera ces lignes  dans un ouvrage
     suggestif: Pour un humanismenouveau (324 p., Cahiers de Foi et Vie, 1930). Enquête
     loyaleet  riche où les  voix les  plus diverses,  les  plus contradictoires,  sefont entendre

     dans une commune bonne volonté pour dire comment onpeut atteindre l'idéal humain;
     «grave débat, faisceau de témoignagesvivants», où il  y a beaucoup  à apprendre, ce
     livre, bien moderne, meparaît, dans sa noblesse et son désarroi, témoigner avant tout
     et defaçon poignante en faveur de la nécessité de la conversion.Aujourd'hui  comme

     aux jours où prêchait le Christ sur les bords dulac de Galilée, la conversion demeure
     la grande actualité, la grandedifficulté, la seule solution au problème humain. Alex. W.
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