Page 1705 - dictionnaire westphal
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COQ
Il ne dut être acclimaté en Palestine que fort tard: il est absent dela législation
mosaïque; les «volailles engraissées» (1Ro 4:22)pouvaient être des oies, cygnes, poules
d'eau, etc., ou, si mêmec'étaient coqs et poules, n'auraient été
qu'exceptionnellementimportées d'Orient par Salomon; les traductions de Pr 30:31
dansplusieurs anciennes versions: «le coq se promenant fièrement parmiles poules»
(LXX), «le coq aux reins élancés»; (Vulgate), etc.,interprètent à faux un texte hébreu
incomplet et défectueux; lesautres allusions que le Talmud prétend trouver dans l'A.T.
sontencore plus invraisemblables. Par contre, le nom qu'il lui donne, tarnegâl,
d'origine babylonienne, confirme la supposition quecoqs et poules furent introduits en
Palestine deux ou trois sièclesav. J.-C.: le coq se trouve parmi les animaux dessinés en
couleursdans le fameux tombeau de Marésa, qui date d'environ 200 ans av.J.-C. Ces
oiseaux n'ayant pas été classés comme impurs, les Juifspurent par la suite adopter le
sacrifice d'un coq ou d'une poule parhabitant masculin ou féminin de chaque
demeure,-pour la veille desExpiations. A l'époque du Seigneur, ils étaient fort
répandus: le coq estcité plusieurs fois, toujours à propos du reniement de Pierre
(Mr14:30,68,72,Mt 26:74 et suivant, Lu 22:34,60 et suivant, Jn13:38 18:27); dans Mr
13:35 le «chant du coq» est le nomcourant de la 3 e veille de la nuit dans la division
romaine en 4veilles de 3 heures (soit de minuit à 3 h. m.), qui avait alors à peuprès
remplacé la division juive en 3 veilles de 4 h. On sait que lecoq chante plusieurs fois la
nuit, à intervalles irréguliers; ce quiexplique la différence de forme, entre Mr 14:30 et
lesparallèle. Enfin la poule et les poussins fournissent à Jésus uneimage pleine de
tendresse de la protection prévenante et sûre qu'ilavait vainement offerte à son peuple
(Mt 23:37,Lu 13:31). Des Juifs ont objecté à ces textes le fait que la Mischna(Baba
Kama, 7:7) interdisait l'élevage de ces volailles à Jérusalem:elles auraient pu, en
grattant le sol, propager des impuretéscérémonielles, jusque dans les sacrifices! Mais
une telle défense, enadmettant qu'elle fût réellement en vigueur, ne pouvait guère
êtreobservée par toute une grande ville à la population fort mélangée;ainsi, les
combats de coqs étant un jeu favori des Romains, lessoldats de la garnison devaient
avoir peu de souci de s'en priver parrespect du légalisme juif! Dès les premiers siècles,
le coq figure sur certains tombeauxchrétiens comme symbole de la résurrection. Il est
resté, à cause dureniement de Pierre, un des emblèmes de la Passion et
représentesurtout la vigilance. La plus ancienne représentation connue d'un coqau
haut d'un clocher d'église serait sur la célèbre tapisserie deBayeux (fin du XI e siècle).
Jn L.

