Page 1700 - dictionnaire westphal
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leprogrès, le perfectionnement de l'homme naturel. Avec elle, il nes'agit pas de monter

     mais de rebrousser; d'améliorer sa voie, mais dechanger de voie. Dans le récit de sa
     conversion qu'il fit devantAgrippa, Paul l'explique clairement:  il s'agit de «passer
     desténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu» (Ac26:1,3, cf. Eph 5:8).
     Jésus avait déjà dit qu'on ne met pas le vin nouveau dans devieilles outres (Mt 9:17).
     L'apôtre des Gentils ne perd pas uneoccasion de rappeler que pour faire les oeuvres de

     Dieu, il fautavoir dépouillé le «vieil homme» et revêtu l'homme nouveau  (Col3:9,Eph
     4:24). Aussi la conversion et les grâces qui la suiventsont-elles, comparées par lui à
     une résurrection: «Réveille-toi,  toiqui dors, et te relève d'entre les morts, et

     Christt'éclairera» (Eph 5:14). Sur ce point capital il en est du Juifcomme du Grec: «Il
     n'y a point de différence, dit-il, parce que tousont péché et sont privés de la gloire de
     Dieu»  (Ro 3:22  etsuivant).  C'est à tous les  hommes,  qu'ils soient  de Jérusalem ou
     deDamas, que Paul applique sa formule où toute l'exhortation chrétienneest résumée:
      «Se  repentir,  se  convertir,  faire  des oeuvres dignes dela repentance.»  (Ac  26:20).  En

     parlant à Nicodème de «nouvelle naissance», Jésus veut luidonner à entendre--et par
     lui à tous les pharisiens de tous lestemps,--que l'homme ne peut devenir meilleur qu'à
     la condition d'êtrebon, et qu'il ne peut être bon que si Dieu le crée à nouveau.

     «Unmauvais arbre ne peut porter de bons fruits» (Mt 7:18). Il nes'agit donc pas pour
     nous de porter plus ou moins de fruits, mais derecevoir en nous le germe d'un nouvel
     arbre (Jas 1:21).  Pour quece germe de vie  spirituelle  éclose,  il  faut que l'homme lui
      ouvre  uncoeur brisé  et  labouré.  «Le  commencement  de  notre  conversion à  Dieu,dit
     Calvin, est quand nous avons haine et horreur du péché, quand nonseulement nous

     avons crainte d'être punis, mais haïssons le péché,d'autant que nous entendons qu'il
      déplaît  à  Dieu»  (Instit.,  III,3:7).  Cet  état  d'âme suppose l'initiative  divine.  Comment,
     sans illumination intérieure, l'homme apprécierait-iltoute l'horreur de sa nuit? «Nul ne

     vient à moi, avait dit Jésus, sile Père qui m'a envoyé ne l'attire» (Jn 6:44); et n'est-ce
     pasprécisément dans la croix du Fils, dressée devant le pécheur, queculmine l'effort
     d'attirance du Père? «Quand j'aurai été élevé de laterre, j'attirerai tous les hommes à
     moi» (Jn 12:32). Maiscombien sont divers les chemins par lesquels Dieu, respectant la
     liberté  humaine, exerce cette  attirance  etramène les  pécheurs jusqu'à lui!  Nous le

     voyons déjà dans lesconversions rapportées par le  N.T.:  Pierre,  la Samaritaine,
     Lydie,Saul de Tarse, le geôlier de Philippes, le brigand sur la croix...Sile  fait de la
     conversion demeure avec ses éléments invariables, ceséléments peuvent être fort

     diversement agencés suivant letempérament, l'éducation, le milieu, les circonstances
     de celui quise convertit et les expériences qui ont précédé, motivé la conversionelle-
    même. Sur ce point, on ne saurait trop méditer la mise en garde deVinet: «La marche
     de la conversion a été écrite une fois pour toutes,son histoire invariablement tracée,
     toutes les âmes sommées, pourainsi dire, de partir du même point et d'arriver par le

        même        milieu,la      suite      des     impressions         de     l'âme      attirée      vers     Dieu
     minutieusementdécrite; en un mot, aucun médecin n'oserait prévoir avec
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