Page 1699 - dictionnaire westphal
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même;sauvegarde de la liberté dans l'histoire de notre salut où tout estgrâce, elle est

      elle-même  une grâce,  puisque la  liberté  sauvegardéepermet  seule  à  la  créature  de
      devenir une personne morale  à l'imagede  Dieu.  C'est  par respect  pour cette  libre
     conversion que Jésus a acceptéla croix. C'est parce que son regard prophétique sonde
     la dureté descoeurs qui profiteront  de leur liberté  pour mal faire,  que Jésusdéclare
     douloureusement: «Vous ne voulez pas venir à moi pour avoirla vie!» (Jn 5:40),

     «Jérusalem, Jérusalem, qui tues lesprophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés,
     combien de foisj'ai  voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble
     sacouvée sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu!» (Lu 13:34).Nous rejoignons ici la

     «volonté organe de créance» de Pascal. Lecaractère libre et personnel de la conversion
     est  confirmé  par toutl'ensemble des passages où le  N.T.  11ous présente cet acte
     moralcomme inséparable de ces deux éléments: la repentance et lafoi (Ac 3:19 26:20
      11:21 20:21 etc.).  La parole  de  Vinet:  «La  conversion n'est que la
      sanctificationcommencée  et  la  sanctification  n'est  que la  conversion  continuée»

     estvraie en ceci que les convertis ont toujours besoin de «veiller», dese contrôler sans
     cesse eux-mêmes et de prendre garde, au cours de lavie nouvelle où l'Esprit les a
     introduits, de ne pas «dériver denouveau  vers des rives abandonnées».  Mais, à lui

     donner un sens absolu, on y pourrait trouver occasionde confondre la  décision de
     l'homme et l'action de Dieu. Pour seplacer sur le vrai terrain, il faut revenir à la scène
     qui inaugural'humanité spirituelle le jour de la Pentecôte (Ac 2). «Le coeurtranspercé
     par le discours de Pierre, la foule s'écria: Hommesfrères, que ferons-nous? Pierre leur
     répondit: Convertissez-vous etque chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-

    Christ pour obtenirla rémission de ses péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit.»
      Le coeur transpercé: émotion  morale,  éveil  de la  conscience,conviction  de péché; la
     conversion: libre détermination de l'homme;le pardon des péchés: réponse du Christ à
     l'appel de la foi; le donde l'Esprit par lequel on naît de nouveau:  conséquence

     dupardon (Ac 2:38). Telle est la marche des événements qui faitsortir l'homme de la
     «génération  perverse» (Ac 2:40)  et  quil'agrège à l'humanité régénérée.  Cette
     régénération est, elle, uneexpérience qui vient d'En-haut, un miracle de l'Esprit comme
      toutacte  créateur;  elle  s'exprime pratiquement et  se  réalise  dans lasanctification,

     laquelle n'est point le fait de l'homme, mais le faitde Dieu. C'est «l'Esprit qui sanctifie».
     Le pécheur seconvertit (Ac 9:35 11:21 14:15,2Co 3:16 etc.), mais il est sanctifié (Ro
     15:16,1Pi 1:2,1Co 1:2 6:11 etc.). Voilà la distinction capitale où le chrétien trouve sa
     sécurité,la paix, la joie. Sa part est de renoncer volontairement au monde etde se jeter

     librement dans les bras de son Sauveur, en s'enremettant, pour la transformation de
     sa vie, à l'action souveraine del'Esprit. «Celui qui vous a appelés est fidèle, c'est lui qui
     lefera»  (1Th 5:24).  Si  cette  distinction  était  mieux comprise,  iln'y aurait pas tant de
     pécheurs qui attendent que Dieu  les  convertisse,  et  tant  de  chrétiens  qui  se

      désespèrent de leurimpuissance à  se  sanctifier.  On  voit,  par ce qui  précède, que la
     conversion au sens chrétienexclut toute possibilité d'arriver au salut par les oeuvres,
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