Page 1698 - dictionnaire westphal
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CONVERSION
Hébr. choub, verbe qui indique un revirement soit au sein d'unecollectivité soit chez un
individu; grec épistrophê, du verbe épistré-pheln (tourner), intrans.: se tourner en sens
contraire,revenir sur ses pas, rentrer en soi-même; opérer une conversion quifait que
l'on se dirige de nouveau vers le point d'où l'ons'éloignait. Les prophètes emploient
choub pour désigner l'acte de revenirà Jéhovah auquel le peuple a été infidèle. Ex:
«Lorsque tu reviendras(Israël) à Jéhovah ton Dieu de tout ton coeur et de toute
tonâme» (De 30:10), «Que le méchant retourne à Jéhovah qui aurapitié de lui» (Esa
55:7, cf. Ps 51:12,Esa 6:10, cité quatrefois dans le N.T.), etc. Jésus, dans Mt 18:3 (cf.
strépheïn), met l'accent sur l'un des caractères essentiels de laconversion religieuse,
lorsqu'il demande à ses disciples de renoncerà leurs ambitions égoïstes. A propos du
reniement de Pierre, il dit à ce disciple:(Lu 22:32, cf. épistrépheïn) «Quand tu seras
converti»(c-à-d. rentré en toi-même et inébranlable dans mon service), «affermis tes
frères». Les larmes de Pierre nous apprennent que le portique de laconversion, c'est la
repentance (Mt 26:75). Dans la parabole de l'enfant prodigue (Lu 15), Jésus
nousfournit le type même de la conversion: égarement, déchéance,souffrance,
repentance, d'où jaillit une décision intérieure: «Je melèverai et j'irai vers mon Père!»
Toute la conversion au senschrétien est dans ce mot. On voit ici combien s'abusent
ceux qui croient que se convertir,c'est simplement échanger un système religieux
contre un autre,passer du culte de Baal au culte de Jéhovah, ou du catholicisme
auprotestantisme, ou du rationalisme à l'orthodoxie. La conversionchrétienne est d'un
tout autre ordre; elle a pour raison d'être ladéchéance de l'homme, pour mobile la
conviction de péché, pour fruitla régénération. La question, dit Jésus à ses auditeurs à
l'occasionde la chute de la tour de Siloé (Lu 13), est de vie ou de mort:tout homme qui
ne change pas, qui ne vient pas à résipiscence (cf. méianoeîn), est voué à la mort. On
trouvera dans les articles Chair et Esprit les motifs de cettealternative: se convertir ou
mourir. Thème des discours les plusenflammés des prophètes d'Israël, cette alternative
est reprise parJean-Baptiste, et c'est elle qui lui inspire son rite dubaptême: (Mt
3:5,16) confesser ses péchés, disparaître sousl'eau (symbole de mort à soi-même),
reparaître à la surface (symbolede résurrection), sortir de l'eau pour entreprendre une
carrièrenouvelle...tout le mécanisme, si j'ose dire, de la conversion est là,en un tableau
vivant. Il faut s'être senti mourir pour se sentir renaître; mais pour sesentir mourir, il
faut aller au Jourdain. (cf. Lu 7:30) Et voicique la conversion nous apparaît avec
toujours plus de force dans soncaractère de décision personnelle, d'acte de volonté. La
grâceprévenante qui sollicite la conversion et la prépare, (cf. Eze33:11) le don de
l'Esprit qui répond à la conversion et régénère lepécheur repenti, viennent de Dieu et
ne peuvent venir que de lui;mais la conversion est le moment où l'homme libre,
changeant dedirection, décide de sa destinée. Elle répond au «Veux-tu êtreguéri?» de
Jésus (Jn 5:6); elle est le geste qui ouvre la porteau divin visiteur qui frappe (Ap 3:20);
elle est, non uneexpérience imposée d'En-haut, mais une activité de l'âme elle-

