Page 1826 - dictionnaire westphal
P. 1826

chargéd'exprimer de la part de tous? Étant simples,  ils  se retrouvent à desdegrés

     divers dans toutes les expériences chrétiennes; le culte peutdonc réunir des hommes
     de toute condition, dès qu'ils se sont donnésau  Christ. Sans  attribuer de valeur à
     l'ordre de leur énumération,comptons ici ces sentiments: (a) La reconnaissance  pour
     les dons multiples  etdivers,  délivrances et bienfaits  dont nous sommes l'objet, et,
     cheztous, pour le «don ineffable»  de Jésus-Christ (2Co 9:15); lefidèle  vient au culte

     pour rendre grâces publiquement,  (b) La  contrition,  parce que, en regard de tant
     debienfaits, la conscience nous oblige à nous confesser pécheurs; lasainteté de ce
     Jésus nous condamne, et nous venons au culte pourdéclarer nos fautes, pour nous

     fortifier dans les promesses de pardonet d'aide journalière en Jésus, (c) La pitié pour
     les souffrants; la consciencedes obstacles dressés devant l'Église militante; les intérêts
     dufoyer, des amis,  tout pousse un homme de coeur à faire  des prièrespubliques; le
     culte est le rendez-vous des intercesseurs, au nom deJésus, (d) L' espérance éternelle
     leur est nécessaire; leculte est le rendez-vous des pèlerins du ciel,  au nom de

     larésurrection de Jésus; c'est là que l'homme, en deuil est consolé parses frères encore
      épargnés,  (e)  Moins  primitif,  mais  digne  d'être satisfait,  estle  besoin  de  cohésion
     intellectuelle (credo) et d'unité dansl'action (programme social); le culte est le rendez-

    vous de ceuxqu'animent une même pensée et un même travail chrétien. Un mot semble
     manquer ici, celui d'Adoration (adorer =litt.lever le visage vers quelqu'un). Il est certain
     que nous n'allons auculte que dans la persuasion d'y faire, en commun, «l'expérience
     deDieu» (Spitta); ce Dieu est saint; ses perfections sont innombrables.Adorer, c'est se
     rendre compte de cette sainteté et de cetteperfection; mais se bornera-t-on à ce genre

      d'extase? Comment  fairedes  cultes  qui  ne tiendraient  aucun compte  des  cinq
     élémentsci-dessus esquissés? L'adoration  est moins un  acte  précis etlimité,  qu'une
      attitude  générale,  dont tout  bénéficie  quand elleexiste,  et  dont tout  pâtit  quand elle
     manque.  Sans  l'adoration, quidit: «Tout par grâce!» la  reconnaissance  devient de la

     tenue delivres: «Tu as fait tant pour moi, j'ai fait tant pour toi, noussommes quittes!»
     (Ge 28:20-22,Lu 18:  et suivant); avec elle, auculte, le coeur se remplit de gratitude et
     s'offre à tout servicepour un  Maître si bon. Sans l'adoration, la  repentance
     devientterreur (Ge 3:8 4:13,Mt 27:3,6); avec elle,  le pécheur vient autrône de grâce

     (Heb 4:15,Jn 1:47-50,Mt 26:75,Lu 23:40-42,Ac9:6). Sans l'adoration, qui saisit l'infini
     des miséricordes duPère, la pitié se limite à quelques hommes, à une Église, à unerace
     seulement; avec elle, au culte, on sent que c'est sur la terreentière que doit venir le

     Règne (Mt  6:10,Php 2:10  et suivant,etc.).  Sans  l'adoration, qui montre la Maison du
      Père,  l'  espérance  retombe, le fidèle,  volontairement privé des joies dumonde,  mais
     sans au-delà, est «le plus malheureux de tous leshommes» (1Co 15:19); avec elle, au
     culte, chaque homme en deuilréapprend à chercher auprès de Dieu «ceux qui se sont

     endormis» lespremiers (1Th 4:13), on mesure quelle est la fin du chemin quimonte de
     la terre au Paradis...Sans l'adoration, enfin, le credo rend dur et le programme devient
     administratif; avec elle,  auculte, le credo se fait  agent de liaison entre des frères,
   1821   1822   1823   1824   1825   1826   1827   1828   1829   1830   1831