Page 1821 - dictionnaire westphal
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CULTE
    Le mot grec  latréia,  rendu par «culte»  dans nos versions, ad'abord  signifié:  «service
      mercenaire  de  celui  qui  est  à  la  solde  dequelqu'un».  Les  LXX l'ont  pris  pour rendre

     l'hébreu abôdâ (Ex 12:25et suivant sainte cérémonie; Sg. usage sacré; service de Dieu,
     De6:13, etc.). Le N.T. fait de même dans Jn 16:2,Ro 9:4 12:1,Php 3:3,Heb 8:5 9:1,9
     12:28.Mais,  pour la  même  idée,  Col  2:18,23 emploie  lemot  thrêskéia  qui,  dans Tob

     12:15, désignel'intercession d'un ange; il est aussi dans Ac 26:5 et Jas1:26 et suivant,
      que l'on traduit  parfois  par «religion».  Heb9:21 emploie  le  mot  leïtourgia.  Il  suffit  de
     comparer enfrançais Jn 16:2 et Ro 12:1 pour comprendre que «culte»peut avoir deux
     sens très différents: la cérémonie  publique,  avecrites et prêtres--ou sans eux--et

     l'attitude intérieure, laconduite morale du fidèle. I  L'histoire  d'Israël montre  diverses
     étapes de l'idée deculte. 1. C'est d'abord l'offrande d'action de grâces, sous forme de
     donsmatériels (hébreu tninkhâ, grec thusia pour Ge 4:3,et zebakh dans Ge 31:54). On
     l'applique aux repas de fêtesreligieuses  (1Sa 1:4 16:2, etc.,  1Co 10:18 pour le

     peuple;No 18:9,De 18:3 pour les prêtres). On l'emploie à l'occasion de délivrances : Ge
     8:20, Noé sortant de l'arche; Ge 12:7 134,18 15:9,17, Abraham à diverses étapes de
     ses voyages en Canaan;Ex 5:3, Israël  en vue d'obtenir du secours; Ex 12:14,
     encommémoration d'une délivrance. A Guilgal, Josué (Ex 4:30)dresse un monument

     qui a valeur de temple. David célèbre le retour del'arche (2Sa 6:17). Salomon inaugure
     le premier temple deJérusalem (1Ro 8), et les Juifs fidèles font de même pour lesecond
     (Esd 6). C'est au même ordre d'idées que répond lalégislation lévitique tout entière, sur
     les conditions rituelles du pardon: Ex 25 à Ex 30 Ex 35 à Ex 40,Le 1-7 9:11 16:1-17

     22-23,No 3:44 4:49 No 6 No 8 No 9:14 15:28et suivant, etc. 2. Mais la pratique de tels
     cultes a mené à des abus si graves, fidèleset  prêtres se sont montrés tellement  au-
    dessous de la réalité,tellement  incapables de s'élever au-dessus  de la sanction
     matérielleet du rite, qu'une réaction violente s'est faite chez les Prophètes Osée (Os 6:6)

     dit que ce que Dieu aime, c'est «non lessacrifices, mais la piété; sa connaissance, et
      non les  holocaustes».Amos  (Am  5:21)  déclare  que Dieu  ne  regarde  même  pas  un
     telculte.Michée  (Mic 6:6) récuse «les milliers  de béliers etles torrents d'huile», le

     sacrifice même d'un premier-né (allusionprobable à Ge 22:12,Jos 6:26 =1Ro 16:34,Jug
     11:39,2Ro 3:27,cf. Ps 106:37-39), pour ne laisser de valeur cultuelle qu'à
      lamiséricorde  et  à l'humilité.Jérémie  va jusqu'à dire  (Jer  7:22)  que les  ordonnances
     rituellesne viennent point du Dieu qui se borne à demander «qu'on marche dansses
     voies»; et ces voies (Jer 7:5,10) sont la morale socialeélémentaire: justice envers tous,

     étrangers compris, secours auxveuves et aux orphelins (on voit où saint Jacques a pris
     sadéfinition de la «religion», Jas 1:27), lutte contre meurtre,idolâtrie,  vol, adultère,
     mensonge et faux serment--le Sermon sur lamontagne en esquisse...(s. Paul continue

      la  ligne  dans Ro 12:1,en  quittant  la  morale  sociale  pour entrer  dans la
     moraleindividuelle,  par la discipline du corps).Ces voix des prophètes d'Israël et de
     Juda  ont été entendues  dequelques  fidèles; l'un d'eux (Ps 51:18) se déclare prêt
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