Page 1822 - dictionnaire westphal
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àcélébrer un culte rituel si Dieu le demande; mais, dit-il, «tu neprends point plaisir
aux holocaustes; ce qui t'est agréable, c'est uncoeur brisé et contrit». On comprend
alors comment l'épître auxHébreux (Heb 5:1-10 7:11-18,23-28 8:1-9:10) peut parler
del'inutilité du système lévitique et l'appeler une «ombre sansréalité», pour exalter
d'autant mieux l'oeuvre unique de Jésus. Pourétablir ce qu'est le culte chrétien, nous
ne pouvons partir que deJésus-Christ (Heb 8:1 et suivant), et le mot latréia du N.T.Nous
suffira. 3. Une place intermédiaire doit être faite au culte pratiqué dans les
synagogues (voir ce mot), avant le temps de Jésus et après lui.Les ordonnances
lévitiques supposant l'existence du Temple deJérusalem, n'ont pu être suivies nulle
part, entre la destruction dupremier temple et l'érection du second sous Zorobabel. On
sait troppeu de choses sur celui de Léontopolis en Egypte (Esa 19:18-22)pour rien
conclure sur le culte qui y était célébré, et d'ailleurs ila été le seul de son espèce hors
Palestine. Quant au troisième temple(d'Hérode le Gd à l'an 70 de notre ère), il n'a pu
rendre desservices qu'aux citadins de la capitale juive, auxquels se joignaientdes
pèlerins, lors des grandes fêtes. Même à Jérusalem, il y avaitdes synagogues (Jn 9:22
12:42 16:2 18:20,Ac 6:9).Partout, en Palestine et dans le reste de l'empire romain
(Ac15:21), le culte a été célébré dans des synagogues, sans sacrifices(voir encore Mt
4:23 9:35 13:54,Lu 4:14-28,Ac 9:20 à Damas,Ac 13:41 en Chypre, Ac 13:14 en Pisidie,
Ac 14:1 àIcône, Ac 17:1 à Thessalonique, Ac 17:10 à Bérée, Ac18:4 à Corinthe, Ac
18:19-28 à Éphèse, Ac 28:15-29 àRome). La liturgie de la synagogue n'a connu que
des prières, descantiques (les Psaumes) et la lecture des livres saints, avec
desdiscours, pratique qui revit dans une partie notable duprotestantisme. Cependant,
dans l'esprit même des rabbins, ce cultesimplifié n'a pas eu la valeur des cérémonies
symboliques du Templede Jérusalem. Mais voici ce qu'un clairvoyant parmi les
clairvoyants,un Père de l'Église, le pieux Origène (185-255), dit de celles-ci:«Si le culte
au sanctuaire juif avait pu durer jusqu'à nous, ilaurait rendu impossible aux païens la
conversion à Dieu. Sesexercices ne pouvaient satisfaire qu'une piété exaltée: on
montraitde loin un «lieu très saint», des prêtres entourant unevictime...comme seul
culte agréable au Seigneur. Mais Dieu soit louépour la venue du Christ, qui a détourné
nos âmes de ce «spectacle»,pour qu'elles contemplassent les biens célestes et
désirassentici-bas les biens spirituels! Loué soit Dieu de ce que le Christ a,sur la terre,
aboli ce qui, avant lui, semblait si grand, et de cequ'il a élevé le culte dans la sphère de
l'invisible et del'éternité! Lui-même, le Seigneur Jésus, demande des oreillesvraiment
ouvertes et des yeux capables de voir l'invisible. Alors quenous étudions encore la loi
de Moïse (lecture de l'A.T. dans l'Égliseprimitive), nous levons les yeux jusqu'aux lieux
où le Christ estassis à la droite de Dieu, et nous cherchons les choses, non d'enbas,
mais d'En-haut.»IISi l'on prend les paroles de Jésus relatives au culte, on voitqu'il ne
semble pas avoir prévu pour nous autre chose qu'un acte individuel (Mt 6:5 et suivant,
«entre dans ta chambre»),fait en esprit: sans rites puisque Dieu est Esprit; mais
«envérité»: en conformité de la vie morale avec la Loi de Dieu (Jn4:24). Son modèle de

