Page 1808 - dictionnaire westphal
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après sa transfiguration, où il lui a été rappelé ce quedésormais il enseigne à ses
fidèles: que le chemin de la gloire passepar la croix. 3° Lu 14:27. Le disciple doit porter
(grec bastazeïn)sa croix pour être fidèle à son Maître. Cette paroleest encore plus
proche que la précédente de la mort de Jésus. Les évangile synoptiques représentent
donc Jésus comme ayant eudans les derniers temps de son ministère une vue nette de
son issuefatale: la croix. Par une sorte de raccourci, le quatrième évangiledresse cette
vision de bonne heure, dans l'entretien avec Nicodème:Jn 3:14 et suivant; comp. Jn
8:28 12:32, allusionscertaines à l'élévation du Christ sur la croix. Nous n'avons pas
àrechercher ici comment, en découvrant la croix au terme de sonchemin, inévitable
parce que sa sainteté même le rendaitinsupportable à son peuple, Jésus n'a pas cessé
de croire au salutqu'il était venu apporter au monde. Il y a là tout le mystère de lafoi
totale du Fils en son Père, de l'abandon sans réserve à l'amourtout-puissant de Dieu.
Voir Jésus-Christ. Ce qui est à notre portée, c'est la conception que les
apôtres,notamment saint Paul, ont eue de la croix après la mort de leurMaître. La
croix, qui semblait être la destruction de toutes leursespérances, est devenue le
symbole de l'Évangile et de la grâce. Sidans les premières prédications apostoliques
l'accent est mis surtoutsur la gloire du Ressuscité: «Vous l'avez crucifié..., Dieu
l'aressuscité» (Ac 2:23 et suivant, etc.), dans la prédication dePaul, si importante que lui
paraisse la résurrection de Jésus, l'acteessentiel qui fait de lui le Sauveur c'est sa mort
sur la croix. «Laparole de la croix» devient «la puissance génératrice de l'Église»(T.
Fallot). Aux Juifs demandant des miracles et des révélations, auxGrecs philosophant,
Paul prêche «Christ crucifié» (1Co 1:2). Parson infamie même, la croix, «scandale aux
Juifs», est devenue auxyeux des fidèles le signe suprême de l'amour infini, de
l'amourrédempteur de Jésus-Christ et de Dieu qui a donné Jésus-Christ «mortpour
nos péchés» (voir Rédemption). Elle est devenue le symbole del'espérance en la vie
éternelle rendue; elle a pris la valeur d'uneprofession de la foi chrétienne. Sa place est
partout dans lesÉglises, surtout sur le maître-autel; la forme même de
l'Églisegothique, avec sa nef, son chevet et son transept, est celle de lacroix. Si la
Réforme calviniste a exclu la croix des églises, parhorreur de tout ce qui pouvait
favoriser l'idolâtrie, nous voyonsmaintenant la croix, qui n'a jamais quitté les églises
luthériennes,introduite dans certains temples réformés et même prendre parfois
auxdépens de la chaire la place centrale au fond du choeur restauré. H.H.

