Page 1812 - dictionnaire westphal
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CRUCIFIEMENT
Les récits évangéliques au sujet de ce supplice enduré par Jésus sonten accord avec les
renseignements de l'histoire profane relatifs aucrucifiement. Aussitôt après la
sentence, le condamné était battu deverges jusqu'au sang. Pilate fit infliger ce
flagellum à Jésusavant la condamnation (Jn 19:1) pour tenter de donner, par
uncompromis, satisfaction à la haine des Juifs (Lu 23:22). Lesupplicié était alors
chargé de la poutre transversale (patibulum) de la croix (voir ce mot) et, sous ce
fardeau, ilmarchait, encadré de soldats, généralement au nombre de quatre,jusqu'au
lieu du supplice, qui était toujours hors de lacité (Heb 13:13). Le poids du patibulum
n'était excessif quepour un homme épuisé par le supplice de la flagellation ou
d'autressouffrances; sans doute Jésus était-il trop affaibli, puisque Simonde Cyrène
fut réquisitionné (Mt 27:32,Lu 23:26); toutefois Jeanprécise qu'en arrivant au Calvaire
c'était Jésus qui portait sacroix (Jn 19:17). Sur le lieu d'exécution, le condamné était
dépouillé de sesvêtements, qui devenaient le butin des soldats (Mt 27:3 Jean 19:23et
suivants). Il était alors étendu à terre, sur le dos, les épauleset les bras allongés sur le
patibulum; on lui fixait les mainssur cette poutre avec des cordes ou plus souvent avec
des clous et onhissait le supplicié au haut du poteau vertical qui restait fiché
enpermanence en cet endroit maudit. La partie centrale du patibulum était engagée
dans l'encoche taillée à cet effet au haut de la poutreverticale. Celle-ci portait à mi-
hauteur une cheville de bois (sedile) qu'on faisait enfourcher au supplicié pour le
souteniret pour empêcher que le poids du corps lui déchirât les mains etprovoquât sa
chute. Les pieds étaient fixés en bas, à une faibledistance du sol, par des cordes ou
des clous. Il semble bien que l'oncloua les pieds comme les mains de Jésus (Lu 24:39);
Jean neparle que des mains (Jn 20:25-27). Les tableaux classiques de la crucifixion de
Jésus trompent surla hauteur de la croix qui, en réalité, n'élevait guère le
condamnéque de 50 cm. à peu près au-dessus des spectateurs. On fixaitau-dessus de
sa tête l'écriteau où étaient inscrits le nom dusupplicié et le motif de sa condamnation
(voir Inscription de lacroix). Le malheureux était ainsi exposé et souvent insulté durant
salongue agonie qui durait des heures et parfois des jours. On offraitgénéralement à
celui que torturaient des souffrances intolérables,lorsqu'il gardait toute sa sensibilité,
un breuvage assoupissant ouenivrant. On sait que Jésus le refusa (Mt 27:34),
voulantaffronter la mort en pleine lucidité d'esprit. Sans ce refus nousn'aurions pas
l'héritage sacré de ses paroles sur la croix. On abrégeait souvent les souffrances du
supplicié en lui donnantle coup de grâce, en l'espèce le crurifragium : on lui brisait
lesjambes. Les deux brigands du Calvaire subirent ce traitement, peud'heures après
leur mise en croix, avant le coucher du soleil; car ilimportait pour les Juifs qu'aucun
supplice ne fût en cours au momentoù commençait le grand sabbat pascal. On eût
aussi brisé les jambesde Jésus, s'il n'eût été déjà mort. Un soldat--par brutalité ou
pourconsommer une mort incertaine--perça le flanc de Jésus (Jn19:34). De l'eau et du
sang sortirent de la blessure; était-ce,comme on l'a dit, le symptôme d'une rupture de

