Page 1670 - dictionnaire westphal
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COMMUNION
    Grec koïnônia, de koïnos, adj. qui signifie: commun àplusieurs personnes. 1. Koïnônia,
      comme  le  subst.  koïnônos,  a  d'abord le  sensd'associé, de compagnon, d'ami.  Les

     apôtres de Jérusalem donnent àPaul et Barnabas «la main d'association» (Ga 2:9); Paul
     enappelle  à l'amitié  de Philémon (Phm 1:17); Jacques et Jean sontles associés de
     Simon (Lu 5:10). D'où l'idée de participation àun effort, à une oeuvre, à un crime (Mt
     23:30, cf. 2Jn 11,1Ti5:22, comp. aussi 2Co 6:14). 2. Dans plusieurs textes, koïnônia

     désigne la participation  deschrétiens à «l'assistance que l'on doit aux saints» (Ro
     15:26).Il s'agit ici du devoir des chrétiens aisés de faire part de leursbiens aux
     chrétiens déshérités. Par ceux-ci, on entendait avant tout,à l'origine, les membres de
     l'Église de Jérusalem, que leurexcommunication de la synagogue avait mis au ban de

     la société etprivés des moyens de gagner leur vie.  On disait:  «communion dans
     ladiaconie», c'est-à-dire participation au service fraternel, auxdistributions charitables
     (2Co 8:4). A lui tout seul le mot  koïnônia  est quelquefois l'équivalent de

      «libéralité»,«contribution»,  «collecte»  (2Co  9:13)  et  suffit  pour désigner  ledevoir
     d'assistance (Heb 13:16, cf. Ro 12:13,Ga 6:6,Php4:16). Le chrétien doit être
     koïnônikos, c'est-à-dire prompt àdonner (1Ti 6:18). 3. Inversement, koïnônia, au sens
     philosophique et religieux,indique la participation d'un individu aux caractères de la
     naturehumaine ou de la nature divine, ainsi qu'aux biens spirituels (Ro15:27). Jésus a

      participé  au sang et  à la  chair  (Heb  2:14).Dans  les  Mystères  païens,  le  repas sacré
        faisait     de    l'initié    leparticipant       de     l'énergie     de     son      dieu.     L'initié    se
     nourrissaitmatériellement  de son dieu. Ainsi,  dans un texte  magique il  est  dit  àla

     coupe: «Tu es du vin et tu n'es pas du vin, mais tu es lesentrailles d'Osiris.» C'est à
     cette communion que Paul fait allusionquand il dit aux Corinthiens: «Je ne veux pas
     que vous entriez  dansla  koïnônia  des  démons»  (1Co  10:20).  Quant  à  la  koïnônia
     obtenue par la participation au repas du Christ, le repas de la Cène,elle est d'un autre
     ordre. D'abord parce que le Christ est unevictime réelle, qui a donné, dans l'histoire,

     sa chair et son sangpour  la rédemption des pécheurs, et qui a annoncé  lui-même
     sonsacrifice avant de l'accomplir (Mt 16:21-23,Mr 14:21,Lu20:9-19 etc.); ensuite parce
      qu'après avoir  dit:  qui  mange ma  chairet  qui  boit  mon  sang a  la  vie  éternelle,  il  a
      ajouté  que ces  parolesétaient  d'ordre spirituel  et  que la  chair  en elle-même  ne  sert

     derien. Ainsi pouvons-nous comprendre que la communion à laquelle Jésusappelle ses
      disciples  dans le  repas de  la  sainte  Cène  est  unecommunion à  son Esprit,  une
     participation à sa vie divine,mystiquement liée  au geste symbolique qu'il accomplit
     lorsqu'étantlà, à table, présent et vivant dans son corps, il dit en languearaméenne:

     «Ceci, mon corps» (Mr 14:22;voir Cène). Lareprésentation de son corps par le pain et de
      son sang par la  coupeenseigne aux chrétiens  que la  communion à  laquelle  ils  sont
     appeléspar leur Maître est une commémoration de sa mort, une acceptation dela
     rançon qu'il a payée, un engagement dans leur devoir de rachetés,devoir ainsi formulé

     par saint Paul: «Je vous exhorte, par lescompassions de Dieu, à offrir  vos corps en
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