Page 1672 - dictionnaire westphal
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sait à quel prix Jésus l'a aimé etqui a vraiment conscience de ce que Jésus a fait pour

      lui,  ne peutpas ne pas éprouver de  la  joie  a  vivre  en commun avec  ceux qui
     ontexpérimenté les mêmes grâces et qui sont l'objet du même amour. Cequi peut
     séparer: notion ou forme du service, lui apparaît secondaireauprès de ce qui unit: le
     service lui-même.  C'est ce qu'avaientcompris les apôtres de Jérusalem quand ils
      admirent  Paul dans leur  koïnônia  (Ac 15,Ga 2:9). La grande  hérésie dans  le

     mondechrétien n'est pas d'ordre intellectuel, elle est d'ordre moral; elleest dans le fait
     que les disciples  qui se réclament du même Sauveuret participent aux mêmes
     bénédictions spirituelles se refusent às'aimer, à se comprendre, à se supporter, à

     s'entr'aider les uns lesautres, et qu'ils en viennent même, sous prétexte de zèle, à haïr
     età persécuter des frères (Php 2:1  et  suivant,  1Co  1:10,16,Ga5:13-15  Mc  3:24).  Au
     contraire de cet état de choses, que nous voyons sévir danstoute l'histoire de l'Église à
     travers les siècles et qui suffirait àexpliquer la grande pitié du Royaume de Dieu sur la
     terre aprèsdix-neuf siècles de prédication de l'Évangile, nous voyons dansl'Église

     primitive  de Jérusalem la communion fraternelle  s'exprimerspontanément en
     communauté des biens. Les prophètes messianiquesavaient déjà dit à l'Israélite fidèle:
     «Partage ton pain avec celuiqui a faim»  (Esa 58:7). La première communauté de

     Jérusalem,dans l'enthousiasme de la fraternité en Christ et aidée dans songeste par la
     conviction que Jésus allait bientôt reparaître, poussala solidarité chrétienne jusqu'à
     mettre tout en commun (Ac2:42,47). C'était la  koïnônia  sociale dans sa réalisation
     laplus émouvante: «Personne ne disait que ce qu'il possédait fût à luien particulier» (Ac
     4:32). Mais ne faisons pas dire aux textesce qu'ils ne renferment pas. La communauté

     des biens qui  manifesta  lacommunion fraternelle  à l'aurore de l'Église n'avait rien
     dubouleversement économique que le communisme préconise de nos jours.Tout y était
     volontaire et individuelle expression des sentiments ducoeur. Le droit de propriété

     comme le droit pour chacun de disposerde ce qui lui appartient n'était pas contesté.
     Nous en avons lapreuve éclatante dans  ces paroles de Pierre à Ananias:  «Si tu
     n'avaispas vendu ton champ, ne te serait-il pas resté? et après l'avoirvendu, n'étais-tu
     pas libre d'en garder le prix?» (Ac 5:4).C'est pourquoi nous voyons bientôt, dans les
      Actes  (Ac  6),  lesnécessités  imposées  par le  développement de l'Église  et  par

     lespersécutions qu'elle souffrait, amener la koïnônia à s'exprimerdans la diakonia,  le
     service fraternel où les chrétiens qui ontdes biens temporels se montrent empressés à
     subvenir aux besoins. desfrères dans le dénuement. De ce que la  diakonia  s'est

      pervertie  dans la  suite  en  aumône,  laissant  subsister  le  paupérisme  et
     mêmel'entretenant au sein de l'Église, il ne faut point conclure que leschrétiens ont
      trahi  le  christianisme  en  abandonnant la  primitivecommunauté  des biens,  mais
     simplement qu'ils sont devenus incapablesde la communion fraternelle qui inspire le
     véritable amour des grandspour les  petits,  des heureux pour les  malheureux et  qui

     permet,  dansla liberté  des initiatives,  l'organisation familiale  du Royaume deDieu
     fondé par Jésus-Christ. Alex. W.
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